Phil Collins va faire une mini-tournée en Europe

Phil Collins
"Not Dead Yet". Pas encore mort. C'est avec un sens de l'humour tout britannique que Phil Collins a annoncé à Londres, la ville où il a grandi, son retour sur scène et la sortie de son autobiographie. Il avait annoncé il y a quelques années prendre sa retraite mais ses enfants ont fini par le convaincre. Onze ans après sa dernière tournée solo, il a beau marcher avec une cane, ne pas refuser un bon verre de vin, il va se préparer à près de 66 ans pour mener une mini-tournée de trois semaines en juin prochain dans trois villes européennes importantes dans sa carrière, Londres, Cologne et Paris. Il veut faire cinq concerts à Bercy, les premiers les 18 et 19 juin. Rencontre avec la plus normale des rockstars.
 
Phil Collins: Oui, j'ai pris la décision il y a quelques mois et je suis heureux de pouvoir enfin l'annoncer. J'attendais le bon moment, la sortie de ce livre qui permet de tourner la page. Pour l'instant, on va faire ces quelques concerts en Europe. Et on verra bien ce que cela donne. Ce qui est certain, c'est que je ne veux plus me lancer dans de longues et épuisantes tournées.
 
RPN: Intituler votre livre et votre tournée "Not Dead Yet". C'est gonflé, non ?
Phil Collins: Mais c'est vrai (il rit). Et c'est aussi vrai que j'ai failli mourir. On a énormément parlé de mes problèmes de santé ces dernières années (surdité partielle de son oreille droite, sa main gauche paralysée, dos en bouillie) et c'est une manière de passer à autre chose. Tout va bien désormais.
 
RPN: Où et combien de fois allez vous jouer à Paris ?
Phil Collins: Je veux faire cinq soirs à Bercy... Si je peux (il sourit). Deux heures par soir, ce sera bien. Un programme qui couvre toute ma carrière. Nous allons y travailler.
 
RPN: Avec des chansons de Genesis ?
Phil Collins: On cherche un équilibre entre les tubes que les gens veulent entendre, mes chansons en solo préférées et celles de Genesis. Nous avions déjà joué "Invisible Touch" lors du "First Farewell Tour", en 2005. Mais gardons la surprise.
 
RPN: Vous jouerez du piano et de la batterie ?
Phil Collins: Je vais chanter et pour le reste... J'ai sept mois pour me préparer physiquement. Ce serait bien de jouer quelques chansons au piano, d'autres à la batterie. Ma main va mieux qu'il y a quelques années, je peux probablement faire dadadadada (il tape sur la table à un rythme simple).
 
RPN: Pourquoi remonter sur scène ?
Phil Collins: Pour mes enfants. Et parce que j'ai eu trois expériences concluantes lors de concerts de charité cette année. Nicholas, mon fils, va m'accompagner sur scène. A 15 ans, c'est déjà un fantastique batteur, bien meilleur que moi à son âge. Comme je dis dans le livre, un cachet d'un milliard ne m'aurait pas fait reprendre la route avec Genesis. Mais jouer avec mon fils, oui.
 
RPN: Dans votre livre, vous vous en voulez de ne pas avoir réussi à concilier vie de famille et vie de rockstar, toujours en tournée et en studio.
Phil Collins: Trois mariages, trois divorces, je n'en suis pas fier. J'ai commencé en 2010 à écrire ce livre après en avoir fini un autre sur Alamo, un sujet qui me passionne et pour lequel je vais ouvrir un musée. Je voulais raconter mes premières années mais puis j'ai sombré dans l'alcool... J'ai pris quelqu'un pour m'aider à finir l'histoire. Raconter sans fard une partie de ma vie moins glorieuse puis de nouveau heureuse. Car je suis de nouveau avec ma femme et mes enfants, nous vivons ensemble à Miami. Et il n'y aura pas de suite à ce livre.
 
RPN: Vous vouliez aussi clarifier des choses sur Genesis.
Phil Collins: Je ne sais pas si nous rejouerons un jour ensemble, mais je me suis aperçu en écrivant combien nous avions une relation très spéciale en trio. Et je voulais aussi dire qu'il y a toujours eu de l'amitié avec Peter Gabriel, contrairement à ce que j'ai souvent lu.
 
RPN: Vous avez écrit pour que l'on vous comprenne.
Phil Collins: Certainement. D'un point de vue critique, j'ai le sentiment d'avoir été sous-estimé. Mon travail a été souvent mal compris. Je ne suis pas une machine à tubes, je travaille beaucoup dans l'improvisation. C'est pour cela que j'ai parlé de mon travail avec Eric Clapton, Sting, du big band de jazz que j'avais monté avec Quincy Jones et Tony Bennett... Et je voulais m'expliquer sur certains événements, comme lorsque j'ai joué au Live Aid avec Led Zeppelin et que l'on m'a accusé d'avoir sabordé leur retour... Mais bon, ça va. Comme Elton John, comme Eric Calpton, je suis arrivé à un âge avancé, qui me donne une grande liberté, car les gens me font confiance, croient ce que je dis.
 
RPN: Avez-vous recommencé à composer ?
Phil Collins: Pas vraiment. Ce livre m'a pris presque tout mon temps. Et je ne veux pas être trop occupé, voire débordé de travail, comme je l'ai été par le passé. Mais maintenant que le livre est fini, je reprends du temps pour jouer de la batterie dans mon garage, pour écrire dans le studio que j'ai installé à la maison, jouer un peu de piano et voir ce que cela donne. J'ai énormément de vieilles chansons inabouties.
 
RPN: Assez pour faire un album ?
Phil Collins: Je n'ai pas sorti d'album original depuis si longtemps (NDLR : «Testify» en 2002)... Je suis très attendu, donc je dois faire quelque chose de très spécial. Si ce n'est pas le cas, tout le monde sera déçu. Une chanson à la fois (il réfléchit) Il y a bien dans ma poche une chanson, que j'ai depuis plusieurs années, et que j'aime beaucoup. Ce peut être un point de départ.
 
RPN: Dans votre livre, vous ne fermez pas la porte à une collaboration avec Adele ?
Phil Collins: Oui, nous nous étions rencontrés dans un hôtel à Londres, elle m'avait laissé une chanson à écouter et travailler et puis elle avait disparu. Elle m'avait envoyé un mail, elle venait d'avoir un bébé... Mais c'est une chanteuse et une femme merveilleuse, une Anglaise comme moi, qui se moque de la célébrité, n'a pas peur de jurer. Si elle m'appelle un jour, je serai là.
 
RPN: La morale de votre histoire est que la célébrité ne rend pas sûr de soi.
Phil Collins: Non. Et je ne le serai jamais.
 
En vidéo ci-dessous --> Phil Collins - Against All Odds (Take A Look At Me Now)  22 Octobre 2016

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