Le French Kiss de Joe Rocca

Version texteEnvoi par courriel.
Joe Rocca
Un an après avoir surpris les fans de Dead Obies avec Commando, un premier extrait aux teintes R&B lascives, Joe Rocca met cartes sur tables avec l’album French Kiss. Prévue pour l’été dernier, la sortie de ce premier projet solo a subi les répercussions de la perte d’un disque dur, incluant tous les enregistrements du rappeur. Au lieu de se décourager, l’artiste a retroussé ses manches promptement. "Ça m’a permis d’être patient avec le projet, ce qui est toujours une bonne chose dans une époque où tout va vraiment trop vite. Aussi, ça m’a donné la chance de faire la rencontre de Cape Tula, Mike Shabb, Flawless Gretzky et Imposs, qui ont tous participé à l’album. C’est un mal pour un bien".
 
La rencontre avec Imposs, pionnier du rap québécois et membre fondateur du légendaire groupe Muzion, a été particulièrement mémorable pour le jeune artiste, qui empoigne le micro à ses côtés sur Réel. "C’était incroyable", dit-il, encore très enthousiaste. "Pour moi, c’est le top 1 rappeur au Québec, et je suis fuckin’ fier d’avoir un de ses verses sur mon album en 2017. C’etait cool de voir qu’il fuck avec Dead Obies big time et qu’il aime notre style".
 
Mis à part quelques chansons foncièrement rap, comme Réel, Showbizz ou Plan$, French Kiss flirte avec le R&B. Si la tendance de croiser ce genre musical avec le hip-hop est en vogue depuis le début de la décennie au Canada comme aux États-Unis, elle se faisait quelque peu discrète au Québec, exception faite des ébauches foisonnantes d’artistes plus underground comme David Lee et Yen Dough.  "Pour moi, ce sont deux styles qui sont intimement reliés et qui ont les même racines. Drake fait ce genre de mélange depuis des années, mais même avant lui, il y avait T-Pain, Lil Wayne et, encore plus avant ça, y’avait Nate Dogg, qui était très connu du milieu rap".
 
Mais ce premier album va au-delà du fac-similé. Réalisé par VNCE.CARTER, son principal producteur et complice de Dead Obies, l’opus contient son lot d’expérimentations, autant en ce qui a trait aux tons de voix du rappeur qu’aux compositions ingénieuses de ses producteurs, dont font partie Yen Dough, DJ Manifest, Lowpocus et Ouri. Chacune des 13 chansons devient alors une exploration en soi. "J’ai pas de genre, pas de catégorie. Je hais ça, me placer dans une boite quelconque, et chaque fois qu’on essaie de le faire à ma place, j’essaie de m’en sortir. Même dans la vie, j’aime me positionner dans des situations d’inconfort, de nouveauté. Cet album-là, je voulais qu’il me ressemble, et c’est vraiment à travers les thèmes des chansons et les rythmes très modernes qu’on peut constater une certaine cohérence".
 
Décrivant son album comme «un long one-night-stand», Joe Rocca aborde ici ses relations amoureuses et, par la bande, son rapport avec le sexe, l’infidélité, les drogues et le party.  "On peut voir ça comme le feeling d’une soirée que tu passes avec une fille et qui te fait oublier tout le reste. Tu passes une bonne soirée, tu te sens léger. C’est ça que l’album raconte et c’est ça qu’il laisse comme feeling", explique-t-il. "J’avais envie de parler de femmes pis qu’elles se sentent incluses dans ce qu’on fait. Parler de sexe, mais sans tomber dans la misogynie. C’est fait avec classe, avec style. Y’a aussi beaucoup de punch lines qui me font sourire. Ça reste un album fait pour avoir du fun".
 
Sur scène, le rappeur troque l’attitude irrévérencieuse typique des spectacles de sa formation contre une humeur plus joyeuse. "J’assume complètement mon nouveau projet sur scène, car c’est un album qui me donne le goût de danser. C’en est même contagieux. Sérieusement, c’est le fun d’être dans un autre mode comme ça".
 
French Kiss est disponible depuis le 1er décembre.
 
En vidéo ci-dessous --> Joe Rocca - Around Us

Médias Sociaux et Flux RSS

Twitter icon
Google+ icon
YouTube icon
RSS icon