Hervé le Choucas, un roman noir

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ombres et errances

Après des activités professionnelles non linéaires et des expériences de vie multiples plus ou moins heureuses, l’auteur a entrepris un cursus d’études dans les domaines de la psychologie, philosophie, anthropologie et Histoire des religions. Il s’est ensuite dirigé dans le domaine social où il a exercé en tant qu’encadrant technique, formateur ou encore conseiller : pratiques en milieux psychiatrique, post-carcéral et insertion professionnelle. Aujourd’hui, à 41 ans, il est père au foyer, partageant son temps entre sa famille et ses amis, sa passion pour la faune et la flore et bien sûr, la littérature. Hervé Le Choucas signe là son troisième livre. Lors d'un concours régional en 2008, un jury lui a déjà attribué le Prix du Roman pour un précédent ouvrage. Il nous a contactés tout simplement par courriel, pour que l'on fasse la promotion de son livre, c'est chose faite.


Votre roman, peut-on dire qu’il s’apparente au livre « American Psycho » ?
- Non, pas vraiment. Et je ne sais à quoi je pourrais le comparer… (réflexion)… Avec un langage plus contemporain, alors peut-être à « L’herbe bleue ». En version plus hard. En version plus tourmentée et plus érotisée. C’est un livre qui flirte avec le snuff movie, mais néanmoins sans surenchère car je n’ai pas de complaisance particulière pour ce qui est gratuitement trash. C’est osé, licencieux à plusieurs égards, mais mu par une réflexion de fond. J’ai avant tout voulu un récit crédible, d’où le choix d’une forme hyperréaliste de ma manière d’écrire.


- Qu’est-ce qui a inspiré la rédaction de votre troisième livre, ce roman noir, cette tragédie cruelle ?
- Sans aucun doute la réverbération de la Vie. La vie tout simplement. La pensée de la mort y a certainement contribué aussi… J’ajouterai également le fait que nous soyons capables de nous interroger sur nous-mêmes. Bref, j’ai noirci mes feuilles à partir de faits réels diversement observés, diversement interprétés et empruntés à la course du Temps et des événements. Au long des chapitres, l’on parcourt un univers transgressif, ouvertement borderline, mais ça ne fait toutefois pas de cet ouvrage un livre exhibitionniste. Non, ce n’est pas le but recherché. Les mots, les phrases, les faits, tout ce travail pesé repose et se construit sur un substrat éthique ; ce n’est pas un livre qui débouche sur du vide…


- En quelque sorte, un thriller sombre qui mêle les questions existentielles aux crimes et délits ?
- De manière raccourcie, il est possible de se représenter les choses de cette manière. On navigue entre raison, incohérence et démence. Ce sont des états psychologiques qui peuvent tous nous affecter, d’une manière ou d’une autre, un jour, sans prévenir, et pour x raisons. Ce récit gravite d’abord autour de l’être, avant le paraître. On se confronte à la dégradation de l’image de soi que les occurrences de la vie peuvent infliger brutalement. Plus précisément, dans ce texte, on se prend à la figure les possibles brisures de l’âme que peut provoquer l’instrumentalisation de la personne ; on en vient à réaliser, sous tension, ce que peut occasionner une espèce de conditionnement pavlovien fait à un humain par un autre humain… et enfin, percevoir ce que le désespoir peut engendrer comme conséquences périlleuses, voire suicidaires.


- Votre héroïne, gracieuse et charnelle, est une jeune gothique. Pourquoi ce choix ?
- Je confesse un certain attrait visuel pour l’esthétisme gothique. J’apprécie également certaines musiques qui émanent de cette mouvance underground, ainsi que l’esprit de liberté et de tolérance dépourvu d’idéologies et de revendications intempestives… si ce n’est peut-être celle d’être différent… Différent, et ayant la volonté d’exprimer, avec une certaine théâtralité, le côté désespéré et convulsif de notre humanité. C’est cela, cette mouvance renvoie l’image de notre humanité malade (de mal aimer), y mêlant un romantisme et une sensualité qui sont propres à l’expression de cette communauté nébuleuse, ténébreuse et mélancolique à la fois. Mon personnage principal fera naître chez certains une empathie de connivence, ou encore un attrait subliminal ; chez d’autres, l’incarnation de la faillite ou de la déchéance. Tout dépendra de où l’on part et peut-être vers quoi l’on tend… Ce qui est sûr, c’est que l’héroïne en question est la métaphore d’une génération sans queue ni tête, qui ne sait à quoi se conformer réellement, mais qui, tout aussi réellement rejette les codes sociétaux. Lesquels, de toute façon, ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes. Lesquels n’indiquent plus aucune direction, à l’instar d’une girouette folle qui dit oui à tout et à son contraire.


- « Ombres et Errances », est-ce là un livre tout public ?
- Il s’agit d’un road movie qui est violent certes, mais rédigé dans une écriture maîtrisée. Je traite sans niaiserie les mirages de la liberté individuelle poussée à l’extrême, laquelle veut se faire le socle d’une quête identitaire, mais une liberté qui conduit aux pires dérives, faute de phare et de fondations. Vouloir à tout prix séduire la nuit est le leurre commun des vanités rebelles et surtout naïves. On ne s’affranchit pas impunément de la lumière. Ce récit vient rejoindre le lecteur en des recoins indistincts et obscurs, enfouis, mais bel et bien greffés à son inconscient. Ce récit peut sommer le lecteur à s’interroger soi-même sur son identité fondamentale. Parfois la prise de distance avec la narration s’avèrera malaisée de par des ambiances confuses et pesantes, de par une mise en abîme qui véhicule de vrais questionnements d’ordre métaphysique : ceux que tout un chacun a à portée de soi, mais auxquels il est plus accommodant de tourner le dos. Ce livre, cette tragédie humaine, est destiné à un public averti.


Et pour l’acquérir ?
- Il sera ou est déjà chez certains libraires spécialisés, il est référencé à la FNAC, Chapitre et Décitre ; on peut sans difficulté le commander à partir de toute librairie en France et en Europe (via Dilicom, Electre et Alize SFL), ou encore directement par Internet sur le site de l’éditeur Kirographaires --->
 

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