Parker Solar Probe (ex Solar Probe Plus), Icare du 21e siécle

Version texteEnvoi par courriel.
Parker Solar Probe
En 2018, la sonde américaine Parker Solar Probe débutera son voyage vers le Soleil. Son objectif  est de devenir le premier engin à pénétrer l'atmosphère extérieure de notre étoile. Arrivée prévue en 2024. Lancée par une fusée Delta IV Heavy, la sonde Parker Solar Probe utilisera par 7 fois l'assistance gravitationnelle de Vénus afin d'atteindre la couronne solaire. Ces accélérations successives la feront devenir l'engin spatial le plus rapide de tous les temps. Elle sera aussi la première sonde à étudier le vent solaire in situ grâce à 4 ensembles instrumentaux. Le vent solaire est ce flux d'ions et d'électrons expulsés à grande vitesse dans le milieu interplanétaire par notre étoile.
 
**La NASA a décidé de renommer Solar Probe Plus en Parker Solar Probe**
 
En 1958, Eugène Parker était un jeune professeur à l'institut Enrico Ferme quand il a publié intitulé "Dynamics of the interplanetary gas and magnetic fields". Il y émet l'hypothèse qu'un flux constant de matière et de gaz s'échappe du Soleil et baigne les planètes et tout le système solaire. Ce texte fondateur définit en fait ce que les astronomes , un phénomène dont l'existence a été maintes fois prouvée et qui est largement étudié. Par la suite Parker a continué à travailler sur le Soleil et les étoiles et son œuvre est à la base d'une grande partie de notre compréhension de la façon dont ces astres interagissent avec les mondes qui orbitent autour d'eux.
 
C'est pour honorer sa contribution dans ce domaine de l'héliophysique, la science du Soleil, que la NASA a décidé de rebaptisé la mission "Solar Probe Plus" en "Parker Solar Probe". C'est la première fois que l'Agence spatiale nomme une sonde d'après le nom d'un individu encore vivant. Agé de 89 ans aujourd'hui et professeur émérite à l'université de Chicago, Eugène Parker est en effet toujours actif et attend avec impatience les résultats de cette future mission.
 
Parker Solar Probe passera à plusieurs reprises à moins de 7 millions de kilomètres de la surface du Soleil et devra faire face à des températures de 1400 °C.
 
Soutenus par le CNES, des laboratoires français (LPC2E, LESIA, IRAP, LPP, LAM) contribuent aux instruments de la sonde. Le laboratoire PROMES, qui opère le four solaire d'Odeillo dans les Pyrénées Orientales, est également associé à la mission : il étudie le comportement à haute température des parties des instruments scientifiques qui ne seront pas protégées par le bouclier solaire.
 
La mission est coordonnée avec la mission européenne Solar Orbiter dans le cadre du programme commun HELEX (Heliophysics Explorers).
 
 
**Objectifs scientifiques fondamentaux de Parker Solar Probe (NASA)
 
Découvrir la proche couronne solaire et explorer l’ultime frontière qu’elle constitue, y réaliser les mesures in-situ qui permettront d’identifier et de quantifier les processus de pertes de masse du Soleil et de formation des vents, tels sont les objectifs fondamentaux, exploratoires et scientifiques, de Parker Solar Probe (PSP, NASA). La stratégie est simple: des survols aussi proches que possible du Soleil, jusqu’à 9.5 rayons solaires, pour pénétrer les zones où les flux de particules tout juste émis du Soleil, fortement hors équilibre et non relaxés, sont encore chauffés et accélérés pour former les vents qui vont construire l’héliosphère et conduire la dynamique du milieu dans lequel évoluent les planètes.
 
Priorité scientifique et technique de la NASA depuis de nombreuses années, ce projet est aussi considéré parmi les plus innovants et les plus excitants par la communauté “Soleil, Héliosphère, Magnétosphère” (SHM) du CNES, et a également de fortes résonnances avec l’astrophysique hors Système Solaire. Il permettra des avancées déterminantes, sur la base de mesures directes dans les vents naissants, pour comprendre la dynamique de l’environnement solaire, le chauffage et l’accélération des particules et, plus généralement, les processus de formation d’écoulements astro-physiques.
 
PSP est ainsi une mission pionnière de la NASA, officiellement sélectionnée depuis le 2 septembre 2010 (en phase B depuis janvier 2012, Phase C début 2014), et qui explorera pour la première fois la proche couronne solaire, jusqu’à 9.5 R⊙, à comparer avec les 60 R⊙ d’approche maximale de Solar Orbiter (ESA-Cosmic Vision) ou des sondes Helios (RFA-NASA) dans les années 70. Notons à cet égard que, d’une part les résultats d’Helios sont les seules mesures in situ "proches" dont on dispose à l’heure actuelle, et ont été largement utilisés pour définir, par extrapolation, les domaines d’investigation de PSP et, d’autre part, une grande synergie scientifique existe entre PSP et Solar Orbiter. En outre, ces deux missions utilisent un scénario orbital similaire (survols de Vénus pour décroitre le périhélie, jusqu’à 0.3 UA pour Solar Orbiter et jusqu’à 9.5 R⊙ ≈0.045 UA pour PSP) et seront lancées durant un créneau temporel de 1 à 2 ans l’une par rapport à l’autre.
 
Note: En astrophysique, le rayon solaire est l'unité de longueur conventionnellement utilisée pour exprimer la taille des étoiles. Elle est égale à la longueur du rayon du Soleil. Par exemple, une étoile de diamètre dix fois plus élevé que le soleil aura un rayon de dix rayons solaires. Le rayon solaire se note: R⊙, R étant la notation classique du rayon et  étant le symbole astronomique du Soleil.
 
Le rayon solaire mesure environ:
R⊙ = 6,960 x 10 m
         = 0,004 652 47 UA
soit environ 109 fois celui de la Terre ou un peu moins de 10 fois celui de Jupiter. Il varie légèrement entre les pôles et l'équateur à cause de sa rotation, ce qui crée un aplatissement de l'ordre de 10 parties par million.
 
Sites internet de la mission (en anglais)          sppgway.jhuapl.edu   |   solarprobe.jhuapl.edu   |   Twitter
 
En vidéo ci-dessous --> La mission Parker Solar Probe (en anglais)

Médias Sociaux et Flux RSS

Twitter icon
Google+ icon
YouTube icon
RSS icon