Le plus grand avion du monde, lanceur de fusée

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Le Stratolaunch
Après quatre ans d'assemblage, le plus grand avion du monde vient enfin de sortir de son hangar situé dans le désert de Mojave (Californie, États-Unis) pour sa première apparition publique. Le Stratolaunch est conçu par la société Stratolaunch Systems Corporation qui a été créée en 2011 par Paul Allen, cofondateur de Microsoft, et Burt Rutan. Pour la petite histoire, ces deux hommes avaient déjà travaillé ensemble sur le projet d'avion porteur SpaceShipOne de la société Scaled Composites qui a ensuite servi de base à la société Virgin Galactic de Richard Branson. Le projet du Stratolaunch a été lancé en 2011. Son objectif est de concevoir un avion porteur capable d'effectuer des lancements aéroportés pour mettre des fusées en orbite basse. Il est également prévu qu'il puisse lancer une mininavette dérivée de la Dream Chaser, susceptible d'emporter trois passagers.
 
La présentation officielle du Stratolaunch marque la fin de sa phase de construction initiale. L'avion a été posé sur ses 28 roues et pour la première fois, on peut connaître son poids réel à vide : 226,7 t. Ce géant des airs est conçu sur la base d'un double fuselage avec un empennage central qui reçoit la charge à transporter.
 
L'envergure totale est de 117,3 m. Par comparaison, celle de l'hydravion Hughes H-4 Hercules alias "Spruce Goose" considéré jusqu'alors comme le plus grand avion du monde, était de 97,5 m. Stratolaunch mesure 72,5 m entre son nez et sa queue et se tient à 15 m au-dessus du sol depuis le sommet de sa queue verticale.
 
Selon Stratolaunch Systems, l'avion est conçu pour un poids total au décollage de près de 590 t. Il pourra emporter une charge utile de 249,4 t. Côté propulsion, le Stratolaunch est pourvu de six moteurs de Boeing 747. Au vu de ses poids et dimensions, le mastodonte aura besoin d'une piste d'au moins 3,7 km de long pour s'élancer et s'arracher du sol.
 
Maintenant qu'il tient sur ses roues, le Stratolaunch va entamer une phase de tests au sol puis dans les airs. Cela a déjà commencé avec le remplissage des réservoirs qui peuvent contenir 113 t de carburant. Les essais vont se poursuivre jusqu'au premier lancement en conditions réelles qui aura lieu en 2019. Il s'agira d'une fusée aéroportée Pegasus XL d'ATK Orbital qui peut emporter des satellites pesant jusqu'à 450 kg. Dans son communiqué, Stratolaunch Systems indique qu'il compte pouvoir lancer jusqu'à trois Pegasus par mission.
 
Sierra Nevada (SNC) et Stratolaunch ont profité du 65e Congrès international d'astronautique, qui s'est tenu du 29 septembre au 3 octobre à Toronto au Canada, pour annoncer un partenariat autour de la mise en œuvre d'un système de lancement aéroporté. Il serait constitué d'une version réduite du Dream Chaser de SNC et du projet spatial de Stratolaunch.
 
 
**Le cargo Dream Chaser de SNC **
 
Ce système de lancement aéroporté impose moins de contraintes opérationnelles qu'un lanceur classique. Pour décoller et atterrir, il peut utiliser n'importe quel aéroport disposant d'une piste suffisamment longue et ce dans des conditions météorologiques qui cloueraient au sol un lanceur.
De plus, il a le potentiel d'atteindre une très grande variété de destinations en orbite basse, dont la Station spatiale internationale qu'il desservira pour la rotation des équipages et son ravitaillement en fret.
 
Autre atout et pour diversifier les sources de revenus, il ne se cantonnera pas aux seules missions habitées. Cette mininavette pourra également être adaptée à des vols sans équipage pour des missions scientifiques, le transport de marchandises légères ou le transport suborbital de point à point.
 
Cette version réduite du Dream Chaser est basée sur la version à plus grande échelle développée dans le cadre du partenariat public-privé avec la Nasa (CCDev) qui a duré quatre ans. Pour rappel, ce partenariat a été mis en place pour organiser la compétition entre les firmes qui sollicitent des contrats de service pour le transport spatial habité. Sur les quatre projets en compétition (les capsules de type Apollo de Boeing et SpaceX, la mininavette de Sierra Nevada et le lanceur Liberty d'ATK et d'Airbus Espace), la Nasa en a écarté deux. Reste aujourd'hui en compétition le CST-100 de Boeing et la version habitée de la capsule Dragon de SpaceX.
 
Bien que son concept n'ait pas été retenu lors de la sélection de la Nasa, Sierra Nevada a contesté la décision de l'Agence spatiale américaine auprès de la GAO (General Accounting Office), la cour des comptes américaine. Selon SNC, le Dream Chaser était au moins aussi en ligne avec les exigences de la Nasa que les deux autres projets, mais à un coût inférieur de quelque 900 millions de dollars (712 millions d'euros) par rapport au CST-100 de Boeing.
 
En vidéo ci-dessous --> Simulation d'un vol du Stratolaunch et sa présentation dans le désert de Mojave (Californie, États-Unis)

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