L'ISS sera remplacée par une station spatiale lunaire ?

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ISS
Depuis quelques années, les discussions s'intensifient sur les projets qui succéderont à la Station spatiale internationale. L'idée est moins de définir une feuille de route que d'étudier la meilleure façon d'utiliser les ressources financières des agences spatiales de ce programme historique quand il aura pris fin. Dix-huit ans après le lancement du premier module, Zarya, en novembre 1998, il est prévu de la désorbiter en 2024, voire 2028. Les partenaires du programme ont donné leur accord pour l'exploiter jusqu’en 2024. La Station n'est peut-être pas une grande réussite scientifique mais, depuis 2012, elle offre une grande partie du potentiel pour lequel elle a été conçue.
 
Cette réalisation internationale est avant tout un succès politique et technologique sans précédent. Initié pendant la guerre froide, ce projet a permis aux États-Unis de ravir aux Russes la première place dans le domaine de l'exploitation de l'orbite basse terrestre et de maintenir à flot des pans entiers de l'industrie spatiale russe. Techniquement, c'est également un exemple unique et réussi d'une coopération internationale qui a permis le rapprochement de méthodes de travail et de normes très différentes.
 
Malgré les tensions politiques entre la Russie et les autres nations, la coopération entre agences spatiales se porte bien. Récemment, la Nasa et Roscosmos se sont réunies pour discuter de l'avenir de ce programme et la suite à lui donner. Et les idées ne manquent pas. Dans le privé comme dans le public, on travaille sur cette nouvelle conquête de l'espace et chacun échafaude sa stratégie et ses scénarios de missions, comme le beau parleur Elon Musk qui promet une colonisation de Mars.
 
Parmi les hypothèses étudiées, l'un se détache du peloton: installer à proximité de la Lune une station spatiale qui pourrait servir de plateforme à l'exploration de notre satellite naturel mais aussi de tremplin pour des missions habitées à destination de Mars ou d'astéroïdes. Cette station s'apparenterait donc davantage à un poste avancé de l'exploration. Elle sera dotée de ports d’amarrage répondant à un même standard international, ce qui lui permettra d'accueillir les véhicules spatiaux de tous les pays. Elle servira à la maintenance des modules et véhicules orbitaux, l'assemblage et la réparation des véhicules qui s'en iront au-delà de la Lune. Un segment de cette station pourrait être réservé au secteur privé pour la commercialisation d'activités scientifiques, de recherche et de tourisme spatial.
 
L'Agence spatiale européenne a également son idée sur ce sujet. Elle étudie l'intérêt d'une station spatiale habitable, de plus petites dimensions que l'ISS et située au point de Lagrange L2 du système Terre-Lune. Desservie par le véhicule habité Orion de la Nasa, auquel l'ESA participe en fournissant le module de service, elle ne serait pas occupée en permanence.
 
Cette station lointaine serait habitée par des astronautes pour des durées qui resteraient limitées dans un premier temps. Elle pourrait par exemple être utilisée pour télé-opérer des missions robotiques à la surface de la Lune. Cette halte pourrait également servir lors de transits de retours d'échantillons prélevés dans le Système solaire avant d'être descendus sur Terre. Elle serait aussi une sorte de "hub" pour les astronautes qui se rendraient sur la Lune, voir beaucoups plus loin.
 

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