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Aides au secteur du jeu vidéo

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Aides au secteur du jeu vidéo
Deux ministres pour l'ouverture de la Paris Games Week. Le gouvernement était bien représenté mercredi soir pour l'inauguration du plus grand événement jeu vidéo hexagonal de l'année qui se tient jusqu'au 31 octobre Porte de Versailles à Paris. Axelle Lemaire, secrétaire d'État au Numérique et à l'Innovation avait fait le déplacement comme Audrey Azoulay, ministre de la Culture. Celle-ci a profité de l'événement pour annoncer des nouvelles aides au secteur. "Je suis venu affirmer la dimension créative du jeu vidéo et le soutenir avec 2 mesures" avançait l'occupante de la Rue de Valois.
 
Un fonds d'aide à l'écriture doté de 100.000 euros sera attribué à des jeunes créateurs en fonction de critères définis par le Centre national du cinéma et de l'imagerie animée (CNC). L'autre disposition porte sur une renégociation avec la Commission européenne concernant le déplafonnement des aides à la production pour "passer à la vitesse supérieure". Car aujourd'hui ces aides sont limitées à 200.000 euros par entreprise dans le cadre de la règle dite de minimis.
 
"Il y a une concurrence fiscale entre les États pour le cinéma, l'audiovisuel et également pour le jeu vidéo car ce sont des industries à très haute valeur ajoutée, analysait Audrey Azoulay. Nous avons des écoles en France pour le jeu vidéo et l'animation. Nous souhaitons que ces talents puissent continuer à travailler ici." L'objectif est que la France demeure compétitive dans une industrie où elle occupe aujourd'hui une position honorable. "Il y a un enjeu pour que ces emplois très qualifiés puissent être conservés en France dans toute la filière: formation, écriture, production et usages", précisait la ministre de la Culture. Mais ces aides seront-elles réellement utiles?
 
La réponse ne fait pas de doute pour Emmanuel Martin, délégué général du SELL (Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs). "Ce n'est pas un coup de communication, toutes les mesures sont bonnes à prendre. La réalité virtuelle arrive et va nécessiter de nouvelles formes d'écritures qui mettent en valeur la créativité du jeu vidéo". Julien Villedieu, délégué général du SNJV (Syndicat national du jeu vidéo) est sur la même ligne. "Nous sommes dans une compétition mondiale effrénée. Les mesures annoncées sont techniques mais elles peuvent avoir un effet colossal". Vraiment ?
 
L'un des fleurons de l'industrie française du jeu vidéo, Ubisoft, emploie 3.000 personnes au Canada. Ils ne sont que 2.000 à travailler en France bien que son siège social soit à Montreuil. Le groupe a bénéficié en 1997 de la politique très attractive du Québec pour s'installer massivement à Montréal alors que la ville connaissait un fort taux de chômage des jeunes (20%). La province s'était engagée à prendre à son compte la moitié du salaire de certains employés en échange de l'engagement de la part d'Ubisoft de centaines de recrutements. Un exemple de la très forte compétitivité nécessaire à l'Hexagone afin de conserver ses studios.
 
"La France est très importante pour Ubisoft et ces mesures vont permettre à l'entreprise de pouvoir continuer de développer des jeux à Paris, Annecy ou encore Montpellier" explique Emmanuel Carré, le porte-parole de l’éditeur. D'ailleurs Steep, le jeu vidéo de sports extrêmes, a été réalisé par le studio d'Annecy. Le jeu d'action Ghost Recon Wildlands a été lui conçu à Paris. "La France est chère mais elle possède un terreau très important d'ingénieurs, de graphistes ainsi que des écoles performantes dans le jeu vidéo", ajoute-t-on chez Ubisoft en faisant valoir les 800 recrutements réalisés dans le pays au cours des cinq dernières années.
 
Sauf que la principale mesure annoncée par la ministre de la Culture reste à ce jour hypothétique. En effet la volonté de déplafonnement des aides apportées par l'Etat français nécessite une autorisation de la Commission européenne. "J’imagine que du côté du ministère, ce n'est pas un simple effet d’annonce, analyse Emmanuel Martin même si les négociations avec la Commission sont toujours compliquées".
 
En 2016, l'Etat français a prévu d'allouer 34 millions d'euros au secteur via le crédit d'impôt jeu vidéo, le fonds d'aide au jeu vidéo et les fonds de garanties et d’avances participatives gérés par l’Institut pour le financement du cinéma. Jullien Villedieu décrypte la situation: "nous arrivons en 2017 à la fin de la période d'autorisation que la Commission européenne avait accordée à la France pour la mise en place du crédit d'impôt jeu vidéo. En plus de ces négociations sur le déplafonnement, il faudrait pouvoir renforcer le crédit d'impôt jeu vidéo afin de résorber une partie du déficit qu'entretient la France vis-à-vis du Canada". Car selon de nombreuses sources dans l'industrie du jeux vidéo, la compétitivité de la France, si elle s'est améliorée dernièrement, suffit pour conserver les emplois existants mais ne permet pas d'attirer de nouvelles entreprises.
 
La période post-Brexit pourrait justement être l'occasion d'une redistribution des cartes en Europe. "Avec le Brexit, notre seul véritable concurrent sera désormais hors de l'Union européenne analyse le délégué général du SNJV. Nous avons le vent en poupe." Reste encore à concrétiser l'essai lors des négociations avec la Commission.
 

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