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Vivre sur l'eau, c'est pénichard !

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Péniches amarrées le long de l’Île Saint-Germain
Le soleil se couche lentement sur la Seine, donnant aux immeubles boulonnais des reflets dorés. Un spectacle devenu une habitude pour Laurence et Mario. Depuis quatre ans, ils vivent sur cette péniche à proximité de l’île de Monsieur. Ces jeunes mariés sont ce que l’on appelle des "pénichards". En 2012, ils ont décidé de quitter la terre ferme et leur pavillon de Sèvres pour Laura, une péniche Freycinet de trente-huit mètres de long sur cinq de large. Soit deux cents mètres carrés pour cette famille recomposée de sept enfants qui a eu un véritable coup de foudre pour les lieux. "Nous aimons l’eau, nous avons un grand panorama avec une vue magnifique, la couleur du fleuve change tout le temps. Vivre ici, c’est apaisant", explique Laurence. La vie sur l’eau, ils l’ont découverte par l’intermédiaire de proches. "Mon meilleur ami a lui aussi une péniche donc grâce à lui, j’ai découvert la vie sur un bateau au fil des saisons", explique t'elle. 
 
Comme la péniche Laura, environ trois cent cinquante bateaux sont amarrés en permanence sur la Seine dans le département des Hauts-de-Seine. Pour obtenir un emplacement, il faut d’abord s’armer de patience: le délai d’attente en petite couronne est de dix ans et l’autorisation (Convention d'occupation temporaire, ou COT) est délivrée, selon l’endroit, par Ports-de-Paris ou Voies Navigables de France (VNF). Les zones de stationnement sont définies par le gestionnaire et le maire de la commune et fixées par arrêté préfectoral.
 
Clapotis de l’eau, léger roulis du navire… Ici, tout est propice à la détente. Un privilège dont les pénichards sont bien conscients. À une cinquantaine de mètres de Laurence et Mario, Philippe s’est installé sur le Megalight II. Vivre sur l’eau, un comble pour ce Savoyard d’origine. Après avoir beaucoup bourlingué avant de vivre dans l’univers exigu d’un appartement parisien, il ne quitterait pour rien au monde sa maison flottante. "Je suis arrivé ici il y a quinze ans et depuis, je ne décroche pas. J’adore cette vie, en adéquation avec l’environnement. Ici, on est à la frontière entre la ville et la forêt" . Cet écolo convaincu s’est installé sur ce bateau de vingt mètres de long qu’il a conçu de A à Z.
 
"J’ai acheté un bateau pourri en un quart d’heure. Puis je l’ai conçu et construit sur un chantier naval. Je voulais une maison éco-responsable flottante pour vivre en adéquation avec l’environnement". Son logement de cent trente mètres carré est par exemple relié au tout-à-l’égout, chose rare pour une maison sur l’eau. Aujourd’hui, il loue ses chambres aux touristes de passage, "car tout le monde n’a pas la possibilité de vivre comme ça, en harmonie avec la nature". À Villeneuve-la-Garenne, François est, lui, un vieux de la vieille chez les pénichards puisqu’il s’est installé sur la Seine en 1982 après un passage sur un bras du fleuve à Neuilly. "À cette époque, il n’y avait que trois bateaux et beaucoup moins d’engouement pour ce mode de vie. Aujourd’hui, tout est plein !" Pour son bateau, long de vingt-trois mètres, il est parti d’une simple coque qu’il a retapée lui-même pour créer le Sofa, une contraction du nom de ses deux filles. "Je travaillais après le boulot, jusqu’à minuit tous les soirs". Aujourd’hui, son logement fait cent quarante mètres carrés, auquel il a rajouté il y a quelques années une petite terrasse donnant sur l’île Saint-Denis. "Ici, c’est presque la campagne en pleine ville. En venant sur un bateau, mon cadre de vie a complétement changé: j’ai un logement indépendant, confortable et que j’ai pu concevoir comme je voulais".
 
Les propriétaires de péniches sont soumis à une réglementation bien précise. Les bateaux qui stationnent sur les places autorisées doivent être entretenus tous les dix ans. En mauvais état, ils pourraient couler très rapidement et mettre en péril la vie de leurs occupants. Ils doivent par ailleurs disposer d’un amarrage solide. Tous les mois, ils paient également une redevance de stationnement pour l’occupation du domaine public. Son montant est calculé en fonction de la surface de plan d’eau occupée par le bateau et de son lieu de stationnement. Les propriétaires stationnant sur un emplacement non autorisé, ils sont près d’un quart dans ce cas, paient double. Pour vivre sur une péniche, il faut aussi accepter de mettre les mains dans le cambouis. "Il faut être un peu MacGyver" résume Laurence. "Pendant la crue, il a fallu protéger le compteur électrique pour éviter qu’il ne soit au contact de l’eau et construire des ponts flottants pour accéder à notre bateau. Vivre sur une péniche, c’est aussi accepter les fréquentes pannes dechaudière, notamment en plein hiver, et les regards curieux des promeneurs, le week-end. Les gens sont étonnés de nous voir vivre comme ça. Certains se disent: c’est marrant, ils ont même la télévision !".
 

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