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Soly, le robot trieur de colis

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Soly
Soly, c’est le petit dernier du CRIIF et de Solystic, entreprise française spécialisée dans le tri de colis. L’objectif de cette dernière est très clair: le marché des opérateurs postaux, qui traite une demande grandissante issue du e-commerce. Pour cela, rien de tel qu’un robot pour optimiser les tâches répétitives. Forte de son succès, la société est désormais filiale du groupe américain Northrop Grumman spécialisée dans la sécurité et l’armement. On connaît déjà ses innovations en matière de drones volants de combat, ou bien encore ses robots mitrailleuses pour les opérations terrestres.
 
Quant au CRIIF (Centre de Robotique Intégrée d’Île de France), il s’agit d’un bureau d’études en robotique et objets connectés. Fondé en 1987, il est composé d’une équipe d’une dizaine de personnes et développe, entre autres, dans son atelier de montage et de prototypage dans le 2ème arrondissement de Paris, le robot SAMI. Une fois le produit arrivé à maturité, il part généralement en spin-off comme ce fut le cas de Buddy de Blue Frog Robotics, la nouvelle vedette du salon InnoRobo 2016, lancée par Rodolphe Hasselvander, ancien directeur exécutif du CRIIF.
 
En 2013, Solystic prend contact avec le CRIIF et c’est le début du projet Soly. Le Centre de Robotique s’est occupé du développement et du prototypage quand Solystic se charge de l’industrialisation.
 
De la même manière que Buddy, Soly a vu le jour dans les ateliers du CRIIF avant d’être repris en main par sa maison-mère, Solystic, qui travaille encore étroitement avec l’équipe d’ingénieurs qui l’a mis au point. Après trois ans de conception, le robot est un chariot automatisé qui va chercher les colis et les dispatche dans les différents hubs. Dans un entrepôt postal, ce sont plus de 4000 colis qui transitent chaque jour avec un chargement d’une quinzaine de minutes d’un camion pour une flotte d’une trentaine de véhicules. Un quart d’heure de chargement, mais surtout deux heures de tri au préalable pour pouvoir optimiser ce temps de chargement.
 
Le robot va simplement chercher les colis sur le chariot pour les ramener à leur place. Le processus prend environ 1’30 contre une quinzaine de secondes pour un chauffeur humain. Mais alors quel intérêt ? “Le robot met plus de temps, sauf qu’on peut en employer au moins 200“. Pour cela, nul besoin d’aménager le terrain pour permettre aux robots de se mouvoir, et c’est là tout l’intérêt d’un tel système robotique. Mettez en 200 dans un espace réduit, et cela donne un processus relativement rapide, précis et sans risque de casse.
 
L’avantage de cette solution c’est qu’en plus d’augmenter la productivité (un robot ne mange pas, ne fait pas gréve,...) et la précision, elle va surtout préserver l’état des colis, car le robot utilise un simple mécanisme de monte-charge et de dépôt plutôt que d’avoir à jeter le colis de manière peu soignée, pratique malheureusement courante dans le secteur. Une solution automatisée mais pas autonome. Car le robot est contrôlé “par un système d’information global qui va indiquer à chaque robot ce qu’il doit faire et où il doit se rendre”. Une option qui facilite non seulement son recours à grande échelle, mais aussi son déploiement. Car implanter des robots autonomes à la manière de Google, qui vient d’obtenir deux brevets pour mettre les cobots au travail dans les chaînes de logistique, implique qu’ils embarquent tout un tas de capteurs sophistiqués et coûteux, tout autant que des algorithmes bien spécifiques pour prévenir toute collision et permettre un travail d’équipe efficace.
 
Passeur de colis, il ne reste à l’opérateur qu’à disposer le colis qui sort de la chaîne sur le robot, qui se charge de l’emmener jusqu’au point de chargement. Qui sait, peut-être qu’un jour SAMI, laissé sur le banc de touche pour le moment, pourrait bien revenir sur le devant de la scène et s’occuper de la partie préhension de colis et travailler ainsi de pair avec Soly. L’humanoïde ne fait pas partie des priorités de l’équipe, qui privilégie avant tout les projets concrets qui trouvent une application industrielle directe : “le jour où les robots s’adapteront au logement, on pourra refaire des robots humanoïdes” conclut un autre concepteur de Soly. En attendant, Soly le robot-chariot a déjà entamé ses phases de tests dans des entrepôts en France et prochainement en Asie. Le but étant d’être en mesure de répondre à toutes les tailles d’entrepôts possibles.
 
En vidéo ci-dessous --> Une démonstration de Soly

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