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La NASA crée un service pour détecter et surveiller les astéroïdes

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Les astéroïdes menacent la Terre
L'histoire de la vie sur Terre nous l'a appris: nos civilisations pourraient être détruites à cause de la chute d'un astéroïde. Face à cette menace aussi imprévisible que colossale, les scientifiques tentent de se préparer au pire comme en témoigne la création du Bureau de coordination pour la défense planétaire sous l'égide de la NASA. Un vaste programme qui doit nous préparer au pire. De nombreux objets célestes croisent l'orbite de la Terre et sont inévitablement attirés par la gravité de notre planète. Ainsi, chaque mois, des douzaines de géocroiseurs se rapprochent de la Terre a une distance inférieure à 0,05 unité astronomique (7 479 894 km). Heureusement, la plupart sont de petits corps qui se désintègrent dans l'atmosphère, traçant des étoiles filantes éphémères qui illuminent les nuits étoilées. Malheureusement, d'autres, plus massifs, sont capables de dévaster une région entière, tuant des millions de personnes. Il suffirait d'un astéroïde de plus d'1 km de diamètre pour mettre fin à l'humanité...
 
Plus de 13 500 géocroiseurs ou bolides qui croisent près de la Terre (Near-Earth Objects - NEOs) ont déjà été détectés et chaque année, 1 500 sont découverts. Heureusement, tous ne sont pas dangereux. De récentes observations effectuées par la NASA ont permis d'affiner nos connaissances sur le nombre d'astéroïdes présentant un danger potentiel pour notre planète. Ces astéroïdes potentiellement dangereux (PHA en anglais) se caractérisent par des orbites qui croisent à moins de 8 millions de km de la Terre (un peu plus de 20 fois la distance Terre-Lune) et par une taille suffisamment importante (plus de 30 à 50 m) pour pénétrer notre atmosphère sans se désintégrer tout en causant des dégâts à une échelle au moins régionale. Début janvier 2016, la NASA en recensait 1651.
 
Tout d'abord notre connaissance du risque est encore insuffisante: si 90 % des objets de plus d'un kilomètre de large sont connus, seulement un quart de ceux qui font environ 140 m de large ont été détectés. Or, la collision avec un astéroïde de 150 m de large ne serait pas anodin. Souvenons-nous de la météorite russe qui a explosé en janvier 2013 au-dessus de la ville de Tcheliabinsk : une puissance de 600 kilotonne de TNT, plus de 1 600 blessés et une onde de choc ressentie à 90 km de la ronde alors que le bolide ne faisait que 20 m de large.
 
Ensuite, même si nous pouvions anticiper le risque d'une collision, il n'est pas certain que nous puissions la contrer. C'est tout le travail de l'agence spatiale américaine qui, depuis 1988, s'emploie à traquer les astéroïdes qui croisent près de la Terre et qui vient de se doter d'un Bureau de coordination pour la défense planétaire (Planetary Defence Coordination Office - PDCO).
 
Ce Bureau de coordination pour la défense planétaire a trois objectifs principaux :
 
   *détecter et surveiller les objets spatiaux (astéroïdes, comètes) susceptibles de croiser l'orbite de la Terre autour du Soleil.
 
   *Caractériser ces objets pour déterminer leur orbite, leur taille, forme, masse, composition, et d'autres paramètres afin que les experts puissent déterminer la gravité du risque.
 
   *Planifier et mettre en oeuvre des mesures visant aux mieux, à perturber la trajectoire de l'astéroïde pour qu'il évite la Terre ou pour atténuer       les effets d'un impact inévitable. Dans ce dernier cas, il s'agirait de protéger les vies et les biens en évacuant la zone d'impact.
 
Doté d'un budget de 50 millions de dollars pour l'année 2016 (contre 4 millions en 2010), cette décision montre que les autorités se préparent à la hauteur de l'enjeu: "la détection et la surveillance des astéroïdes et la protection de notre planète sont les missions que la NASA et ses partenaires prennent au sérieux. Pour le moment, il n'y a aucune menace de collision, mais la chute de la météorite de Tcheliabinsk et l'astéroïde qui a frôlé la Terre pour Halloween nous rappellent que nous devons rester vigilants", a indiqué John Grunsfeld, chef adjoint de la Direction des missions scientifiques de la NASA. Il devra, en outre, coopérer avec les autres agences fédérales américaines et les agences spatiales du monde entier si une comète ou un astéroïde risque d'entrer en collision avec notre planète.
 
Si les scientifiques y réfléchissent sérieusement, aucune mission spatiale n'a encore tenté de détourner un astéroïde de sa trajectoire. Pourtant, la NASA s'y prépare comme en témoigne sa mission Asteroid Redirect. L'agence spatiale américaine envisage d'utiliser des techniques qui s'approchent de celles que l'on peut voir dans le célèbre film Armageddon de 1998.
Des astronautes seraient envoyés dans l'espace près de l'astéroïde menaçant pour le dévier de sa trajectoire grâce à un tracteur gravitationnel et le placer sur une orbite qui ne fait plus courir de risque à notre planète. De plus, ce serait un bon moyen de lui rendre visite régulièrement pour récupérer des échantillons de sa structure.
 
Dans le pire des cas, la NASA serait prête à utiliser des armes nucléaires contre les astéroïdes en coordination avec la National Nuclear Security Administration (autorité américaine en matière d'énergie et de sécurité nucléaire nationale). Une solution délicate qui pourrait multiplier le risque en fragmentant l'astéroïde.
 
Enfin, si les agences spatiales internationales ne parviennent pas à écarter le risque d'une collision avec un astéroïde de taille significative, le Bureau pour la défense planétaire devra informer les habitants des régions menacées et collaborer avec les agences pour les situations d'urgence dont la FEMA américaine.
 
La NASA est donc investie à 100% dans le combat contre les astéroïdes. Mais la communauté scientifique aurait demandé à la Russie de concevoir une technologie permettant de faire dévier les astéroïdes à l’aide d’explosions atomiques dans l’espace: "Les travaux sur la redirection d’objets spatiaux dangereux par le biais d’explosions atomiques ont été confiés à la Russie, représentée dans le projet par le NII-88" a notamment indiqué l’un des portes-parole de l’Institut.
 
Les chercheurs russes estiment en effet qu’une explosion nucléaire à proximité d’un astéroïde dangereux constituerait le moyen le plus efficace d’empêcher sa collision avec notre planète. Pourtant, il est actuellement interdit de faire exploser des charges nucléaires dans l’espace. Une interdiction qui "serait bien sûr levée si l’existence même de la vie terrestre était mise en jeu".
 
En vidéo ci-dessous --> La simulation d'un impact d'un gros astéroïde sur la Terre

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