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Une PME lilloise, leader des centrales solaires flottantes

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Une centrale solaire flottante
Lorsqu’elle arrive pour la première fois en février 2012 à Tokyo, Eva Pauly sait que sa société "Ciel et Terre" est en sursis. La PME lilloise qui avait prospéré depuis sa création en 2006 dans l’installation de panneaux photovoltaïques sur de très grandes toitures ne digère plus l’effondrement des tarifs de rachat de l’électricité solaire en France. Les effectifs de l’entreprise ont déjà du être revus à la baisse. Et le repli sur le développement de fermes solaires au sol dans l’Hexagone apparaît impossible tant les conflits d’usage sont forts. "On n’avait plus de moyens de se développer. Sans le Japon, c’était fini", se souvient la jeune responsable du développement international.
 
Moins d’un an après la catastrophe de Fukushima qui a entraîné l’arrêt de toutes les centrales nucléaires du pays, les opérateurs nippons se découvrent un nouvel appétit pour les énergies vertes mais se heurtent à l’exiguïté de leur territoire et aux réticences des populations pour les grands projets. Le concept "Hydrelio" de panneaux solaires flottants, développé par la société, les interpelle.
 
Dix huit mois plus tard, "Ciel et Terre" célébrera la mise en ligne de la première centrale solaire flottante basée sur sa technologie, en grande banlieue de Tokyo. Avec son partenaire local, la PME a assemblé, sur un réservoir d’eau, une petite structure de 4.500 flotteurs en plastique gris liés entre eux et solidement ancrés pour résister aux violents typhons qui balayent chaque année la région et aux très fortes variations de niveau d’eau enregistrées dans le réservoir. "Ces flotteurs produits en Corrèze ont été développés par notre R&D pendant trois ans et n’ont aucun impact sur l’hydrobiologie", explique Eva Pauly.
 
Enrôlé depuis par les gros acteurs nippons du secteur, "Ciel et Terre" vient de signer en collaboration avec le géant Kyocera, et Century Tokyo Leasing, un contrat pour la construction de la plus grosse centrale solaire flottante de la planète dans la région de Kobe.
 
Il n’est plus seulement fournisseur de flotteurs mais devient partenaire pour vingt ans du projet qui offrira, à l’issue de sa construction au printemps prochain sur deux plans d’eau voisins, une puissance de 2,9 MW au réseau de l’électricien Kansai Electric Power. "Ce concept ne pose aucun risque car il n’émet aucune substance toxique et n’impacte pas la qualité de l’eau. En faisant un peu d’ombre, les flotteurs devraient même réduire la progression des algues qui envahissent ces réservoirs", explique Hina Morioka, une porte-parole de Kyocera, qui voit un potentiel gigantesque dans cette technologie très facilement acceptée par les populations.
 
Ciel et Terre qui va réaliser cette année plus de 90% de son chiffre d’affaires au Japon veut s’appuyer sur cette "vitrine" nippone pour se développer dans le reste de l’Asie, où les problématiques sont comparables. Le groupe vient de lancer un projet pilote avec Kyocera en Thaïlande sur un grand bassin d’aquaculture.
 
En vidéo ci-dessous --> Présentation des centrales solaires flottantes de "Ciel et Terre"

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