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Le language des singes décrypté par des Français

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Le language des singes décrypté

Si les caractéristiques de notre voix dépendent de notre morphologie, elles sont également acquises au contact des autres. Mais est-ce une propriété liée à l’être humain ? L’Université Jean-Monnet de Saint-Étienne vient de prouver que les singes mandrills du Gabon peuvent être influencés par leurs proches dans leur façon de communiquer. L’étude a été menée par Florence Levréro, maître de conférences à l’Enes et primatologue. "J’ai encadré une étudiante en Master Erasmus Mundus. Nous sommes parties trois mois au Gabon. Tous les enregistrements ont été faits là-bas, à la fois en milieu forestier et dans un centre de primatologie". Le stage s’est déroulé au printemps 2013. Les cris de singes mandrills enregistrés en Afrique ont ensuite été analysés au laboratoire de bioacoustique de Saint-Étienne. L’Université de Montpellier s’est chargée de la partie génétique.

Et les conclusions sont tombées : plus les mandrills passent de temps ensemble, plus leurs voix se ressemblent. Pour Florence Levréro, l’avancée est de taille. "C’est une vraie découverte. On connaissait le mimétisme social pour la voix chez l’homme. On pensait jusque-là que les primates ne pouvaient pas modifier leur son au cours de leur vie. Nous démontrons avec notre étude qu’il y a de la flexibilité vocale chez les mandrills".

Mais l’expérience conduite par l’Université de Saint-Etienne ne néglige pas la part incombant à la génétique. "Nous faisons également la démonstration que les mandrills sont capables d’identifier, à leur voix, des cousins qu’ils n’ont jamais vus". Cette découverte permet ainsi d’expliquer certains comportements : il y a par exemple très peu de consanguinité dans la nature". Les singes éviteraient donc de s’accoupler avec un parent, même inconnu, par le simple fait de leur signature vocale.

Dans le monde scientifique, l’étude s’impose comme une petite révolution. Elle prouve que la voix des singes est, comme la nôtre, un mélange d’influences génétiques et culturelles. La découverte a d’ailleurs été saluée par une publication, début juillet, dans la prestigieuse revue Nature Communications. Enfin, cette étude sur les communications acoustiques des primates ouvre de nouvelles perspectives. Par exemple, mieux comprendre l’apprentissage : existe-t-il un apprentissage des cris ? Combien de temps faut-il pour “sonner” comme son partenaire social ?

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