Led Zeppelin, le film historique: Celebration Day

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C'était le 10 décembre 2007, au O2 Arena de Londres. Led Zeppelin se reformait pour un concert unique et flamboyant de deux heures en hommage à son pygmalion disparu, Ahmet Ertegun, patron d'Atlantic. Ceux qui y étaient s'en souviennent avec des trémolos dans la voix. Ceux qui n'y étaient pas et brûlaient d'en être, c'est à dire plusieurs millions de fans, peuvent aujourd'hui mesurer ce qu'ils ont loupé ce jour-là : un DVD filmé lors du concert vient de sortir: Celebration Day.


**La voix de Robert Plant ?
C'était une des grandes inconnues et une des craintes majeures des fans avant ce concert de reformation, le premier depuis 1980 (si l'on excepte trois petits shows d'une trentaine de minutes chacun en 1985, 1988 et 1995).Si l'insolente crinière blonde de Robert Plant est intacte, sa voix l'est un poil moins. Reconnaissable entre mille, elle est légèrement voilée. Bien qu'elle regagne en clarté à mesure que le concert avance, Plant a malgré tout du mal à tenir la note dans les aigus. On lui pardonne volontiers. Pourtant, certaines parties vocales, de même que certaines petites séquences de guitare de Page, ont été retravaillées pour le DVD et le CD. On est perfectionniste ou on ne l'est pas. Et ils le sont, indéniablement.


**La guitare de Jimmy Page ?
Le sorcier de la Gibson a gardé toute la souplesse de son doigté mais aussi son majestueux et ô combien amoureux "porté" de guitare. Le poids des ans n'y a rien changé : malgré sa chevelure blanchie, Page fait toujours des étincelles à la six cordes, et sa dextérité fait décrocher les machoires. Sa façon de la faire babiller,  crier ou rugir, cette impression d'osmose, de fluidité et de puissance mêlée, comme s'il tenait les rênes de quelque bolide démarrant au quart de tour, est vraiment impressionnante. Notons que lors de la projection du film en salles le 18 octobre, nous avons surpris un bataillon hilarant de spectateurs scotchés mués en joueurs de "air guitar", et relevé beaucoup moins de chanteurs amateurs.


**John Paul Jones ?
 Détendu, rayonnant, le bassiste apparaît plus que jamais comme le ciment du groupe. Discret, il brille au premier plan lorsqu'il lâche la basse et passe derrière les claviers, comme sur les majestueuses notes liquides de "No Quarter".


**Jason Bonham est-il à la hauteur ?
C'était l'autre grande inconnue de ce concert. Jason Bonham, remplaçant de son père disparu en 1980, allait-il arriver à égaler son géniteur ? Difficile de se mesurer à l'un des cogneurs de fûts les plus adulés de la planète. Eh bien la réponse est oui. Jason Bonham assure. Sa maîtrise et sa force sont tout à fait convaincantes. Surtout, on le sent sincèrement ému, comme s'il vivait ce concert historique par procuration pour et avec son père dont il a hérité (et sans doute beaucoup travaillé) la précision. Il faut le voir traîner les pieds pour quitter la scène, l'oeil humide. Et recevoir l'ovation. Bien joué fiston!


**La qualité du film ?
Dick Carruthers est aux manettes. Il a filmé le concert avec pas moins de 12 caméras. Soi-disant sans penser à faire un film mais uniquement pour retransmettre en simultané les images sur les grands écrans durant le concert. Ce qui nous vaut un maximum de gros plans sur les musiciens en action et sur les visages. La complicité entre eux est bien rendue - les sourires, les mimiques et même la grimace de Page saisie au vol quand Plant rate son entrée sur "Dazed and Confused". L'ajout de plans filmés par des caméras super 8 (ou des smartphones ?), qui se fond très bien dans l'ensemble, est la seule fioriture. On ne voit pas le groupe hors scène et la caméra s'attarde peu sur la foule. C'est du droit au but.

Ci dessous le trailer de Celebration day
 

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