Un voyage Terre-Mars de 39 jours

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Un futur vaisseau spatial

Jamais la planète rouge n'a semblé aussi proche. La NASA a récemment choisi de financer à hauteur de 12 millions $ le moteur d'une fusée révolutionnaire développée par la firme Ad Astra Rockets. Ce réacteur d'un genre nouveau pourrait assurer le voyage jusqu'à  Mars en 39 jours, contre les six mois de transport envisagés avec la technologie actuelle. L'engin de l'entreprise texane porte le nom de VASIMR, ou Variable Specific Impulse Magnetoplasma Rocket, appelé propulsion magnéto-plasmique à impulsion spécifique variable en français. Étonnement, cette fusée ne servira pas à mettre des objets en orbite, mais uniquement à propulser des appareils déjà dans l'espace.

"C'est une fusée comme aucune autre fusée que vous pourriez avoir vu dans le passé. C'est une fusée à plasma", a expliqué le docteur Franklin Chang-Dà­az, PDG d'Ad Astra Rockets et ancien astronaute, dans un communiqué. Le plasma est un état de la matière, comme liquide, solide et gaz, atteint lorsque l'on chauffe la matière à très haute température.

Le moteur de VASIMR est rempli avec du gaz tel que de l'argon, du xénon ou de l'hydrogène. Le gaz passe dans un tube où il est porté à très haute température grâce à des ondes radio, un peu à la manière d'un four micro-ondes. C'est à ce moment que le plasma se forme. Son éjection pour créer la force de propulsion est régulée par un champ magnétique à la sortie.

À ce moment-là, les atomes voyagent à 180 000 km/h et atteignent une dizaine de millions de degrés Celsius. Il faut néanmoins une source d'électricité au réacteur pour qu'il fonctionne. L'énergie solaire pourrait convenir pour les missions proches de la Terre, mais les experts d'Ad Astra Rockets ont une préférence pour les possibilités qu'offrent l'énergie atomique.

"Un vaisseau spatial alimenté au nucléaire pourrait considérablement réduire le temps de transit humain entre les planètes et propulser des missions robotiques de fret avec une très grosse charge utile", peut-on lire sur le site de la compagnie.

Le rendez-vous est pris pour dans trois ans. D'ici là , la NASA et Ad Astra Rockets devraient travailler conjointement sur ce projet avec les fonds débloqués dans ce cadre par l'agence américaine. Un nouveau prototype de VASIMR verra donc le jour à  l'horizon 2018. Il devra répondre aux attentes d'avancement de la NASA et pouvoir fonctionner 100 heures d'affilée. Car c'est ici que se situe encore la faiblesse du réacteur d'Ad Astra Rockets.

Les premiers tests réalisés en 2013 ont montré qu'il ne pouvait pas fonctionner plus d'une minute! Les 100 heures paraissent bien loin... Des spécialistes, comme Robert Zubrin de la Mars Society, jugent même le projet irréaliste. D'après lui, pour que VASIMR remplisse toutes ses promesses, il faudrait qu'il produise "10 000 fois plus de puissance" que tout ce qui a jamais été construit.

Même si VASIMR doit encore faire ses preuves, il s'inscrit dans une volonté de la NASA de développer les partenariats public-privé pour pousser encore plus loin l'exploration. L'agence s'est aussi engagée avec sept autres entreprises travaillant sur l'habitat qui transportera une future mission sur Mars. "Ce travail façonnera finalement la stratégie pour déplacer la présence humaine plus loin dans le système solaire", a conclu la NASA.

En video ci-dessous --> Découverte de VASIMIR

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