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Le campus d’OVH va enfin voir le jour

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OVH

Si OVH n’avait pas pu se développer à côté, l’entreprise serait allée voir ailleurs. Le géant de l’hébergement Internet va enfin pouvoir pousser les murs et installer bureaux et labos de son campus sur la friche Socochim. Avec 1 000 emplois de plus à la clé. C’était il y a quelques années. Depuis le pont qui surplombe son entreprise, Henryk Klaba, le patriarche de la tribu OVH, regardait avec dépit la friche Socochim. C’est là que sa société cherchait à s’étendre, sans pouvoir avancer sur ce dossier. Changement de visage, ce jeudi. Le permis de construire a été déposé la semaine dernière, la dépollution du site est en marche : OVH va enfin pouvoir construire son campus.

L’an dernier, OVH a embauché à Roubaix 200 personnes ; 300 de plus arriveront cette année. OVH passera cette année le cap des 1 000 salariés sur place avec l’objectif d’atteindre les 2 000 d’ici 2020. Et Sur ses 12 000 m2 actuels, l’entreprise est à l’étroit. « Notre croissance est dictée par nos concurrents américains ! » Il faut donc grandir, mais aussi assurer de bonnes conditions de travail aux salariés. Et c’est dans ce campus que l’avenir d’OVH va se jouer.

"Quand nous embauchons, nous recrutons des ingénieurs et des techniciens de très haut niveau, très diplômés, mais ce n’est souvent pas suffisant pour travailler chez OVH". D’où l’installation dans ce campus d’une "OVH Academy". Mais pas seulement. "Il y aura la recherche, la force principale de notre société, avec des laboratoires de développement logiciel mais aussi matériel : des serveurs informatiques dont OVH conçoit jusqu’à la carte mère". Il y aura aussi un incubateur de start-up gravitant dans l’univers d’OVH.

Sur les 9 000 m2 dont disposera à terme OVH, une première tranche de 2 800 m2 sera d’abord aménagée dans un bâtiment en béton, seul vestige conservé de la friche Socochim. On y trouvera une salle de sport, transformable en auditorium de 350 places, une plus petite salle de sport et 200 places de bureau. C’est à une sorte de jeu de construction géant auquel OVH va se livrer avec son architecte, Thomas Coldefy : installer, pour avoir un rythme de construction rapide, des modules de bureaux, de laboratoires et d’espaces de vie à l’intérieur du premier bâtiment, puis dans les futurs locaux, à ossature de métal. L’ensemble sera blanc, épuré, avec une architecture extérieure rappelant les anciennes usines. Cet aménagement, "c’est absolument nécessaire, on ne peut pas attendre un an", répète Henryk Klaba. OVH veut aller vite. La première tranche pourrait être livrée après les vacances d’été.

"Pour développer notre projet, admet Henryk Klaba, on a choisi le site le plus compliqué de la région". L’un des plus pollués en tout cas. De 1954 à 1994, Socochim a fait ici du stockage et du négoce de produits chimiques. Au nord, dans la halle en béton, la plus proche du canal, où les matières entreposées étaient solides, la pollution était réduite à l’amiante du toit et des joints. Mais c’est sur le reste de la parcelle, où les matières liquides étaient entreposées, que les dégâts les plus graves ont été constatés. En plus de l’amiante des bâtiments (à raser), il y a des solvants dans le sol.

Quand, à partir de 2007, la Métropole européenne de Lille et l’Établissement public foncier se sont penchés sur ce site (OVH a eu un premier projet de centre de données), il a déjà fallu faire revenir Socochim à la table des discussions (la société ne communiquait que par avocats interposés). Le rachat progressif, par l’EPF, a pu être lancé, avant la revente progressive à OVH (la responsabilité administrative de Socochim sur le site restant engagée).

La dépollution de la partie nord terminée, OVH pourra vite s’installer. Les travaux de la zone centrale, délicats, pourraient s’achever début 2016. Mais pour la partie la plus au sud, le sol est tellement douteux que l’EPF montera au-dessus du site une sorte de chapiteau, pour éviter la dissémination des polluants dans l’atmosphère. Et c’est sous cette bâche, d’où l’air sera filtré, que travailleront les bulldozers. Ils pourraient creuser le sol (qui sera évacué) jusqu’à parfois 4 mètres si nécessaire. Donner une date de fin de travaux serait hasardeux, peut-être 2017. Ce chantier de dépollution coûtera 4 millions d’euros.
 

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