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En France, le nucléaire revient en force

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La centrale nucléaire de Fessenheim

Dans un entretien au magazine Usine nouvelle, la ministre de l’énergie, Ségolène Royal, estime nécessaire de construire de nouveaux réacteurs nucléaires en France, éloignant ainsi la perspective d’une sortie de l’atome. Interrogée le mercredi 14 janvier sur Europe 1, l’ancienne ministre écologiste Cécile Duflot "regrette infiniment", ces propos. C’est sans doute un peu trop tôt pour le dire, mais les propos de la ministre de l’énergie constituent un net assouplissement dans la doctrine actuelle et le retour à un certain réalisme. Le discours change, à un moment où le nucléaire est en train de repartir dans le monde et que l’arrêt total d’un programme se révèle extrêmement coûteux, comme l’Allemagne en fait actuellement l’expérience.

Aujourd’hui, il y a 72 réacteurs en construction dans le monde et beaucoup de projets. Des acteurs, comme le russe Rosatom, montent en puissance et l’industrie française qui est bien positionnée sur l’ensemble du cycle nucléaire ne peut pas rester à l’écart de ce mouvement. Or, on ne peut pas vendre des réacteurs à l’étranger si l’on n’en construit pas chez soi. Le gouvernement en est bien conscient et c’est, à mon avis, un signal qu’il envoie en ce sens.

Ségolène Royal évoque la "construction d’une nouvelle génération de réacteurs", sans préciser de quoi il s’agit. Il semble, en effet, prématuré de parler de quatrième génération qui n’est encore pour l’instant qu’à l’état de recherche expérimentale avec le projet Astrid du CEA. Il s’agit de créer un surgénérateur, successeur de Superphénix. Mais il ne devrait pas voir le jour avant 2030, au mieux.

Le plus réaliste serait donc de lancer un petit réacteur de 3e génération avec une puissance autour de 1 000 MW, du type de l’Atmea développé par Areva. Ces chances commerciales à l’export semblent plus importantes que pour l’EPR, présenté par beaucoup comme trop gros, avec ses 1 650 MW, et trop cher.

Reste alors la question d’une réduction de 75 à 50 % de la part du nucléaire, comme le prévoit la loi de transition énergétique. Il faut voir cela désormais comme un objectif à long terme, sans calendrier précis. La date de 2025, évoquée dans le programme de François Hollande, a d’ailleurs été abandonnée.

Mais le maintien du parc nucléaire à sa puissance actuelle, comme le prévoit la loi, nécessite de faire des choix, qui dépendront de toute façon de l’évolution de la demande électrique.

La France pourrait très bien alors fermer ses centrales les plus anciennes, comme Fessenheim, allonger la durée à vie de certaines centrales, jusqu’à soixante ans, et construire de nouveaux réacteurs.

En vidéo ci-dessous --> La présentation du réacteur ATMEA par Antoine Verdier

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