Lulu Gainsbourg se fait une place avec Lady Luck

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Lulu Gainsbourg

Il y a trois ans, Lulu Gainsbourg entamait sa carrière discographique avec un splendide cadeau : pour son père, disparu vingt ans plus tôt, le musicien avait imaginé un éblouissant disque de reprises, pour lesquelles il avait réuni aussi bien Vanessa Paradis qu’Iggy Pop, Scarlett Johanson, Marianne Faithfull, Johnny Depp ou Rufus Wainwright… Nommé From Gainsbourg to Lulu, ce disque était pour Lulu une étape indispensable, un passage obligé, avant l’envol en solitaire. "C’était important pour moi, dans un premier temps, de rendre hommage au travail de mon père. Je voulais aussi faire connaître ses chansons dans d’autres pays. Mais il était hors de question que je reste le fils qui revisite le répertoire de son papa à l’infini. Je ne voulais pas partir en tournée avec ce disque, je pensais déjà à mon projet personnel".

Les plus attentifs se souviennent d’ailleurs que le musicien avait, sur ce premier disque, laissé entrevoir un morceau original : Fresh News from the Stars, niché au milieu des reprises. Trois ans plus tard, il en dévoile aujourd’hui douze, réunis sous le nom de Lady Luck, un premier album de compositions originales que lui ont inspirées des événements de sa vie privée. "Lady Luck est venu d’une rupture difficile. Je me suis mis au piano afin de faire ressentir mes émotions". Pour ce faire, Lulu se donne alors un cahier des charges en forme de défi: il composera et arrangera toutes les chansons lui-même. Pour les textes, il s’inspire de son vécu et, résolu à ne chanter que dans la langue de Lou Reed ou Dylan, décide de collaborer avec des paroliers américains. Un choix logique pour celui qui a passé de nombreuses années à l’étranger : entre Londres, où il réside aujourd’hui, New York et Boston, où il fréquenta les bancs du prestigieux Berklee College of Music.

Si Lulu tient à s’impliquer dans toutes les étapes créatives de son album, cela ne l’empêche pas de se faire épauler par du beau monde : Paul Turner et Derrick Mckenzie, bassiste et batteur de Jamiroquai mais aussi Drew McConnell de Babyshambles l’ont rejoint en studio. A la production, il a retrouvé Jeremy Loucas, collaborateur de Terri Lyne Carrington ou Esperanza Spalding qui collectionne les Grammy Awards ces dernières années.
A cette équipe de titulaires, il faut ajouter, sur Lady Luck, quelques beaux convives: Matthieu Chedid et son frère sont venus participer au single Lady Luck, tandis que l’actrice Anne Hathaway et l’artiste Ara Starck, fille du célèbre designer, se sont invitées sur deux titres du plus bel effet (The Cure pour la première, It’s Always Something pour la seconde). "Anne Hathaway avait évoqué son affection pour mon premier disque dans un interview. Je l’ai donc contacté pour la remercier, peu après on a déjeuné ensemble et quelques mois plus tard on avait un duo en boîte. Une très belle personne avec une voix très talentueuse. Quant à Ara, elle est comme ma grande sœur". Riche de toutes ces participations, l’enregistrement s’est déroulé entre New-York et Londres dans le studio Metropolis de la capitale anglaise, Lulu s’est notamment retrouvé à jouer sur le piano original de Freddie Mercury.

Bien que les participants soient nombreux sur Lady Luck, Lulu signe un disque très intime et sincère. Avec pudeur, le jeune homme y interprète deux dialogues imaginaires avec ses parents : il s’adresse à sa mère sur la jolie ballade floydienne Moushka, et discute avec son père sur Destiny, titre au texte désarmant pour lequel il a agencé, en clin d’œil, des arrangements très gainsbouriens. Musicalement, Lady Luck continue d’illustrer l’éclectisme et la largesse d’esprit de son auteur, oscillant entre funk sexy (Lady Luck), pop (Love on the Rocks), ballades atmosphériques (Moushka) et instrumentaux raffinés (il signe notamment un délicat Lily Rose pour la fille de Vanessa Paradis et Johnny Depp).

"J’aime les mélanges, je ne voulais pas donner une seule couleur à ce disque. J’aime aussi bien Coldplay que Miles Davis, The Rolling Stones que Michael Jackson". Portés par un sens mélodique affuté, les morceaux s’ornent d’arrangements soyeux et délicats, qui leur confèrent souvent un charme cinématographique. Premier véritable chapitre solo de l’histoire sonore de Lulu, ce Lady Luck promet de formidables lendemains qui chantent. "Ca a été dur pour moi de me faire un prénom. On m’a critiqué, on m’a peut-être jalousé aussi. De mon côté, je ne juge pas les autres. Ce que je sais, c’est que depuis que j’ai quatre ans, je suis derrière un piano. J’ai travaillé très dur, je n’ai jamais abandonné. La musique est toute ma vie. J’espère que ce disque va m’aider à devenir Lulu".

En vidéo ci-dessous --> Lulu Gainsbourg - Lady Luck

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