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Alma, la dernière antenne a été livrée

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La dernière antenne d'Alma

Alma est l’observatoire radio millimétrique et submillimétrique le plus grand et le plus moderne au monde (lorsque le réseau complet d'ALMA sera fini, il sera jusqu'à 10 fois plus nette que Hubble). La mise en service progressive de ses 66 antennes se poursuit. En janvier 2014, 32 étaient en service et aujourd’hui 62 sont présentes sur le site des opérations, à 5.050 m d’altitude sur le plateau de Chajnantor au nord du Chili, dont 22 sur des grandes lignes de base, supérieures à 2 km. Les autres antennes sont celles du réseau compact d’Alma (le cœur de l'observatoire), constitué de 12 antennes de 7 m et 3 de 12 m, et celles installées sur des pads proches du centre (moins de 2 km).

Pour comprendre le fonctionnement d’Alma, il faut savoir que les antennes ne sont pas fixes. Elles sont susceptibles d’être réparties selon plusieurs configurations à l’intérieur d’un site qui couvre 16 km2 et comporte 250 emplacements pour les poser. Lorsqu’il sera pleinement opérationnel, cet interféromètre sera capable de produire jusqu’à 1.291 lignes de base dont certaines mesureront jusqu’à 16 km.

Avant la mise en service de ces futures lignes de base, il faudra s’assurer du bon fonctionnement des antennes lorsqu’elles seront corrélées. C'est ce que font actuellement les techniciens et scientifiques d’Alma avec les 22 antennes reliées par de longues lignes de base, supérieures à 10 km. Sont contrôlées non seulement l'influence de l'atmosphère et la fonctionnalité de l'instrument avec ces antennes très éloignées les unes des autres, mais aussi les limites du logiciel, qui pilote le tout. Celui-ci doit travailler plus vite et plus dur puisque les opérations et les commandes dépendent pour une bonne partie de la longueur de la ligne de base.

Quand tout fonctionne, il faut encore réaliser des tests scientifiques, avec de véritables observations. C'est ce qui vient d'être fait, le 24 septembre, avec une antenne installée à Pampa la Bola, le site de l’antenne japonaise ASTE, à une distance de 7 kilomètres du réseau compact d’Alma. Les signaux de ces deux antennes ont été corrélés avec succès, ce qui a établi la plus longue ligne de base d'Alma utilisée en situation réelle. Tout s'est techniquement bien passé, mais la satisfaction la plus grande fut celle des scientifiques qui, à l’analyse des franges submillimétriques obtenues, ont découvert leur très bonne qualité. À terme, cette ligne de base, quatre fois plus longue que les précédentes, permettra d’étendre considérablement les performances d’Alma.

Les performances du radiotélescope Alma sont donc en train de croître rapidement. Rappelons que ce couplage permet d'atteindre la résolution d'un instrument dont le diamètre serait égal à la distance séparant les deux antennes corrélées. Cette expérience a donc créé un radiotélescope virtuel de 7 kilomètres de diamètre.

Avec de telles résolutions, et à titre d’exemple, Alma sera capable d'imager des objets à peine résolus aujourd’hui comme Io ou Titan. Dans le domaine de la formation des étoiles, on s’attend à ce que cet observatoire soit capable de détecter les premiers sillons planétaires et d'imager les régions internes des enveloppes circumstellaires d’astres évolués. En cosmologie, la grande sensibilité d'Alma permettra d'augmenter considérablement la statistique des galaxies détectées à grands redshifts. En particulier, il sera possible d’explorer l'émission des poussières qui sont les premiers objets à se former dans l'Univers à la sortie de l'Âge sombre et d'en détecter d'autres qui contribuent au fond cosmologique dans l’infrarouge lointain.

Le projet ALMA est un partenariat entre l'Europe, l'Amérique du Nord et l'Asie de l'Est, en collaboration avec la République du Chili. ALMA est financé en Europe par l'ESO, en Amérique du Nord par la U.S. National Science Foundation (NSF) en coopération avec le National Research Council du Canada (NRC) et le National Science Council of Tawain (NSC) et en Asie de l'Est par les National Institutes of Natural Sciences (NINS) du Japon en coopération avec l'Academia Sinica (AS) de Taiwan. La construction et la gestion d'ALMA sont dirigées par l'ESO pour l'Europe, par le National Radio Astronomy Observatory (NRAO), dirigé par Associated Universities, Inc (AUI) pour l'Amérique du Nord et par le National Astronomical Observatory of Japan (NAOJ) pour l'Asie de l'Est. L’Observatoire commun ALMA (JAO pour Joint ALMA Observatory) apporte un leadership et un management unifiés pour la construction, la mise en service et l’exploitation d’ALMA.

En image: 1.la dernière antenne du projet de Vaste Réseau d'Antennes (Sub-)Millimétrique de l'Atacama (ALMA), peu avant qu'elle soit livrée à l'Observatoire d'ALMA. L'antenne de 12 mètres de diamètre a été construite par le consortium européen AEM. Sa livraison s'inscrit dans le cadre d'un contrat ESO le plus important à ce jour portant sur un total de 25 antennes européennes.
2.Les Galaxies Antennes (aussi connues comme NGC 4038 ou NGC 4039)une composite des observations d'ALMA et de Hubble.
3.Le site d'Alma

Le site de l' Alma sur Google Maps: cliquez ici

En vidéo ci-dessous --> L'histoire d'ALMA depuis les origines du projet il y a plusieurs décennies jusqu'aux tous premiers et récents résultats scientifiques. Illustrée par de spectaculaires vues d'hélicoptère, la vidéo vous emmène à 5000 mètres d'altitude, sur le Plateau de Chajnantor où ALMA est installé, dans l'environnement unique du désert de l'Atacama au Chili.

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