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Le festival de jazz d’Amiens, c’est fini !!

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Après 33 ans d’existence, le festival Musiques de jazz et d’ailleurs, qui avait pourtant revu sa formule, s’arrête. Amiens Métropole a décidé de ne pas renouveler sa subvention. Sonny Rollins, Henri Texier, Steeve Coleman, Brad Meldhau, Ali Farka Touré, Youssou N’ Dour ou encore Rokia Traoré ont fait les belles heures du festival Amiens musiques de jazz et d’ailleurs. "Il ne nous a manqué que Miles Davis", glisse Michel Gombart, le président de l’association organisatrice de l’événement qui s’arrête après 33 éditions. La nouvelle est tombée fin décembre. Alain Gest, le président d’Amiens métropole, et Nathalie Devèze, chargée de la culture ont annoncé aux organisateurs que la Métropole ne reconduirait pas sa subvention de 190 000 €.  "Nous sommes déçus", lâche Michel Gombart qui a une impression de K.O debout.

"La décision n’a pas été facile, mais le rôle de l’élu est aussi de dire qu’une subvention n’est pas toujours justifiée", expliquait dernièrement Nathalie Devèze qui met dans la balance les 190 000 € versés par face aux 3 500 spectateurs de l’édition 2014. Une subvention toutefois inférieure à celles octroyées à certains clubs sportifs qui ne déplacent pas les foules.

Face à la baisse des moyens, le festival avait déjà changé de formule depuis trois ans. Délaissant les salles de concert pour aller à la rencontre du public dans une librairie ou une salle de sport, après avoir testé, en 2011, le prix du billet laissé à l’appréciation du spectateur. Depuis 2012, les spectacles étaient gratuits.

"Cette gestion purement comptable ne tient absolument pas compte de notre projet", insiste Pierre Walfisz, le directeur artistique du festival depuis 13 ans. "Tant que les paillettes faisaient illusion, nous n’étions qu’un élément de communication. Sans le budget pour programmer quelques noms médiatisés, nous sommes devenus inutiles". Au sommet de sa gloire, le festival disposait d’un budget de près de 600 000 € pour 5000 spectateurs, "aujourd’hui le budget est de 210 000 € avec un budget artistique qui est d’un quart celui d’il y a vingt ans", résume Pierre Walfisz. L’Etat a coupé ses crédits depuis 10 ans. La Région n’a pas subventionné l’édition 2014 et le Département a versé 14 000 €. "Ce serait trop simple de charger celui ou celle qui a pris la décision finale", note Michel Gombart, pour qui la plus grosse responsabilité revient à la gauche et à l’équipe de Gilles Demailly qui n’aurait pas suffisamment affiché son soutien à l’événement. "Le conseil régional et le conseil général baissaient leur subventions, arguant du fait qu’Amiens Métropole ne faisait plus du festival une priorité".

"Le festival tenait sur deux jambes. La première, le financement croisé des collectivités locales, rappelle Pierre Walfisz. L’autre était le soutien de la Maison de la culture qui nous mettait à disposition ses salles, ses moyens techniques et humains et nous apportait accessoirement une aide financière grâce à la coproduction".

Or la Maison de la culture s’est "installée dans une position conflictuelle" avec le festival. Gilbert Fillinger, le directeur de la Maison de la culture, tient Pierre Walfisz, qui a pris la succession de Michel Orier parti en 2001 au ministère de la culture à la tête du label bleu (la maison de disques de la MCA), comme responsable du déficit d’1,2 M € du label "qui a subit la crise de l’industrie discographique", précise Pierre Walfisz tout en avouant des prises de risque. Depuis 2012, le Grand théâtre n’accueille plus les concerts du festival et l’association a dû quitter ses bureaux à la MCA à la fin de l’année.

Maintenant, "le silence va s’installer", regrette l’équipe organisatrice qui a toujours privilégié la découverte et les rencontres. "Les valeurs que nous défendions n’ont jamais été aussi indispensables".

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