Greenpeace détruit un site classé au patrimoine mondial de l’humanité

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Le site de Nazca tagué par Greenpeace

Bien souvent, les activistes politiques déguisés sous des atours agréables, comme par exemple celui de la protection de l’environnement, sont en réalité des gros bourrins qui font un peu n’importe quoi pour satisfaire à leur besoin de célébrité, de publicité ou obtenir cette satisfaction un peu puérile qu’on parle d’eux partout. En cette fin d’année, c’est Greenpeace qui a démontré cette tendance en parvenant à se tirer un boulet de canon dans le pied.

On apprend par voie de presse que, le 8 décembre dernier, des militants de Greenpeace, farcis de bonnes intentions et vides de toute culture locale, se sont fendus d’un énorme message jaune fluo sur le site de Nazca, célèbre pour ses immenses géoglyphes représentant des créatures vivantes, des plantes stylisées et des personnages imaginaires obtenus par des sillons tracés à la surface du sol, il y a 1500 à 2000 ans de cela. Ces figures, qui ne sont réellement visibles que du ciel, avaient probablement un rôle sacré en lien avec l’astronomie.

Et accessoirement, les géoglyphes sont classés depuis 1994 au patrimoine mondial de l’humanité et extrêmement fragiles puisque les sillons ne sont visibles, après autant d’années, que grâce à la spécificité du lieu : en altitude, les conditions atmosphériques qui règnent à cet endroit sont très constantes avec un vent quasi-nul et une presque-totale absence de pluie. Les joyeux militants, en installant leur gros slogan jaune baveux, ont marché sur un site interdit au public, et ont déplacé des douzaines de rochers.

Luis Jaime Castillo, délégué au ministère de la culture péruvien, s’est étranglé en apprenant l’exaction de Greenpeace sur ce lieu, tout en expliquant :"Ce sont des roches noires sur un fond blanc. Vous marchez là et l’empreinte va rester durant des centaines, des milliers d’années. Et la ligne qu’ils ont détruit est la plus visible et la plus reconnaissable de toutes".

Et voilà : maintenant, les grosses traces de baskets Nike de nos idiots conscientisés anti-capitalistes vont côtoyer des dessins vieux de plus d’une dizaine de siècles. Les dommages causés, maintenant visibles à leur tour depuis le ciel, ont déclenché une véritable fureur au Pérou où la population est particulièrement remontée contre Greenpeace et ces activistes incultes et irrespectueuses (et ce, sans même parler du fait que le slogan, en anglais, n’est dans aucune des langues officielles du pays). Si certains admettent volontiers leur préoccupation de l’environnement, tous sont d’accord pour rappeler que la fin ne justifie pas les moyens.

En tout cas, les autorités péruviennes ne comptent pas en rester là et ont déjà lancé des inculpations pour destruction de monuments archéologiques contre les activistes en question (avec une peine pouvant monter jusqu’à six ans de prison), en cherchant à empêcher ces derniers de quitter le pays.

Au passage, on pourra encore une fois constater que cette consternante mésaventure pour le groupe écologiste, si elle a réussi à pas mal mobiliser l’attention des médias anglo-saxons qui ont rapidement compris l’ampleur de la bourde, n’a déclenché aucune espèce de relais de la part des médias francophones (et français en particulier). À quelques très rares articles près, personne n’a jugé bon de décrire l’exaction de Greenpeace et pourquoi l’Humanité allait pouvoir s’enorgueillir de traces de grolles de sport sur un site archéologique pendant les siècles à venir, ni de se demander si, pour leur prochaine cascade publicitaire, nos amis éco-conscientisés allaient tenter un petit graphe vigoureux sur les grottes de Lascaux.

Il faut dire que la nouvelle n’a pas été reprise dans le flux AFP, ou si discrètement qu’aucun des laborieux copistes ne l’a insérée dans les grands quotidiens dont 80% de la substance n’est plus qu’une resucée malhabile des textes de l’agence, fautes d’orthographe incluses.

Au-delà de ces remarques, on doit aussi s’interroger sur la pertinence des actions de Greenpeace en général. Ce n’est en effet pas la première fois qu’ils mènent des actions au minimum discutables, voire carrément illégales, dangereuses ou destructrices, pour tenter de faire passer un message avec autant de bruit que possible.

De ce point de vue, les activistes de la cause écologiste, Greenpeace et autres, semblent tous baigner dans le même besoin de faire les gros titres, à n’importe quel prix, y compris celui d’écraser les droits fondamentaux (celui de la propriété privée, assez régulièrement bafoués par eux ou des militants du même acabit que les « faucheurs volontaires », par exemple) ou sans s’effaroucher des dommages qu’ils peuvent causer dans leurs actions ou leurs discours. Le climat de terrorisme qui règne lorsqu’il s’agit d’évoquer le nucléaire en est un exemple assez frappant au point que des pays comme l’Allemagne ou la Belgique se retrouvent cet hiver en difficulté pour produire l’électricité dont ils vont avoir besoin, par pure idéologie.

Cette fois-ci, cependant, les dégâts sont si importants et l’outrage si manifeste qu’il a été impossible pour l’organisation de s’affranchir de plates excuses. On peut souhaiter qu’elle en retirera peut-être cette nécessaire humilité qui devrait, normalement, animer ceux qui se prétendent humanistes.

On peut aussi souhaiter que cette destruction lui ait aussi appris une importante leçon : si le futur est renouvelable, en tout cas le passé, lui, est irremplaçable.

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