Le Goncourt 2014 décerné à Lydie Salvayre

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Lydie Salvayre

Lydie Salvayre a reçu mercredi le Goncourt, le plus prestigieux des prix littéraires français, pour "Pas pleurer", un roman sur la guerre d'Espagne, devançant les deux grands favoris, l'Algérien Kamel Daoud et le Français David Foenkinos, récompensé lui du prix Renaudot. "Pas pleurer" (Seuil) a été choisi par les jurés au 5e tour, par 5 voix contre 4 au roman de Daoud, "Meursault contre-enquête". "Je suis très heureuse, je suis très émue", a dit Lydie Salvayre, les larmes aux yeux, en se faufilant dans la cohue des journalistes rassemblés au restaurant Drouant, dans le centre de Paris, où est traditionnellement décernée cette récompense. "Je suis très heureuse que cela arrive, particulièrement en ce moment", a ajouté la lauréate née en 1948.

Le roman de cette auteur française est hanté par la figure de l'écrivain Georges Bernanos et la voix de sa propre mère qui lui raconte au soir de sa vie l'insurrection libertaire de 1936 en Espagne. "Pas pleurer" est aussi une histoire d'amour impossible entre deux jeunes gens issus de milieux sociaux et de clans politiques différents.

"Nous avons d'abord couronné un roman d'une grande qualité littéraire, un livre à l'écriture très originale, même si je regrette qu'il y ait parfois trop d'espagnol", a souligné Bernard Pivot, président de l'Académie Goncourt. "Cette mère, qui ne se souvient de rien si ce n'est de cet été 36, c'est formidablement émouvant." "Ceux qui ont défendu dans le jury Kamel Daoud, comme moi, sont ravis que ce soit finalement Lydie Salvayre", a déclaré pour sa part Pierre Assouline, membre du jury. "Si le lauréat avait été Daoud, cela aurait été plus historique, mais c'est son premier roman, il va écrire d'autres livres."

Connu dans le monde entier, le Goncourt reste le prix le plus prestigieux, consécration suprême pour un auteur et jackpot pour le lauréat et son éditeur. Une deuxième femme était en lice pour le Goncourt, Pauline Dreyfus avec "Ce sont des choses qui arrivent", qui se déroule pendant la Seconde Guerre mondiale, du côté des nantis.

Avant l'attribution du prix, les critiques donnaient Foenkinos et Daoud pour favoris, soulignant la réussite exceptionnelle de "Meursault, contre-enquête", premier roman virtuose de l'écrivain algérien de 44 ans. L'auteur, chroniqueur au Quotidien d'Oran, y donne la parole au frère de l'Arabe anonyme tué par Meursault dans "L'Étranger" d'Albert Camus (1942), avec en contrepoint, l'histoire passée et présente de l'Algérie.

La dernière femme lauréate du Goncourt avait été Marie N'Diaye en 2009.

Le bal des prix littéraires français, un marathon unique au monde, s'était ouvert le 30 octobre avec le prix de l'Académie française décerné à Adrien Bosc, jeune auteur français de 30 ans, pour "Constellation", une captivante enquête sur le crash légendaire où périt le boxeur Marcel Cerdan. Il avait été suivi par le Femina, qui a récompensé lundi l'Haïtienne Yanick Lahens pour "Bain de lune", un roman sur son pays, traversé par les cataclysmes et l'opportunisme politique. Le jury entièrement féminin a attribué le "Femina étranger", décerné à un roman écrit dans une autre langue que le français, à l'Israélienne Zeruya Shalev pour "Ce qui reste de nos vies", une oeuvre sur l'amour et la famille.

Mardi, l'écrivain français Antoine Volodine a reçu le prix Médicis pour "Terminus radieux", une fresque sauvage et noire dans une Sibérie dévastée par les explosions nucléaires. L'Australienne Lily Brett a obtenu pour sa part le Médicis étranger pour "Lola Bensky", un beau portrait de femme, émouvant hommage aux génies du rock des années 60 et 70.

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