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Disparition d'un grand Reggaeman: John Holt

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John Holt

Le reggae vient de perdre l’un de ses gardiens du temple : John Holt s’est éteint dimanche à l’hôpital, à Londres. Il avait 69 ans. Son état de santé s’était aggravé cet été, il avait notamment été victime d’un malaise sur la scène du One Love Festival en Angleterre. Ce géant de la musique jamaïcaine, à la voix de velours, a traversé les époques, du rocksteady au reggae jusqu’au dancehall. A seulement 12 ans, John Holt participe et remporte le concours de talent Opportunity Hour de Vere Johns, gravissant tous les échelons jusqu’à la finale. Le producteur Leslie Kong (Beverley’s), toujours à l’affût d’une nouvelle signature, lui fait enregistrer son premier titre : Forever I Will Stay.

Très influencé par les crooners (il cite Mario Lanza, Nat King Cole, Franck Sinatra), John Holt rejoint le groupe The Paragons où officie déjà Bob Andy derrière le micro. Après son départ en 1965, John Holt reprend le lead. C’est la grande époque du rocksteady, et le maître à jouer Duke Reid (Treasure Isle) propulse le groupe au sommet des charts : ensemble ; ils signeront pas moins de 14 number one hits. Quand le groupe se sépare (ils obtiennent une bourse d’étude pour les USA), John Holt poursuit sa carrière solo, déjà émaillée de plusieurs succès (Tonight, Ali Baba, Stealing, Stick by me).

Il enregistre pour Coxsone Dodd, Prince Buster, Bunny Lee ou encore Tony Ashfield, dont le gout pour les arrangements de cordes lui ouvriront les portes de Trojan et du marché anglais. En 1974, Help me make it throught the night est justement un carton outre-Manche.

Le tournant des années 80 est hasardeux pour beaucoup d’artistes roots, mais John Holt va connaître un nouveau succès auprès du producteur dancehall Junjo Lawes avec l’album "Police in Helicopter" et sa chanson-titre dont les paroles menaçantes lui valent d’être interdit d’antenne, le propulsant quasi mécaniquement au sommets des charts, et réhabilitant le crooner auprès de la nouvelle génération.

On retiendra également en mémoire ce splendide concert à Londres avec le Royal Philharmonic Orchestra qui découvrait alors le reggae (et n’en a jamais rejoué depuis). On se consolera enfin en repensant à la chance d’avoir pu le voir sur scène en France récemment, à l’occasion de ses deux passages au Garance Reggae Festival.

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