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Conquête de Mars: version Américaine vs version Indienne

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La sonde Américaine: MAVEN

Alors que tous les regards sont fixés sur l'insertion réussie de MAVEN, l'Inde prépare la mise en orbite mercredi de son propre satellite martien, Mars Orbiter Mission (MOM, que les Indiens ont surnommé Mangalyaan, ce qui signifie peu ou prou "vaisseau martien"). Un événement d'importance, et sans doute davantage pour l'avenir de la conquête spatiale que pour les résultats scientifiques que l'on pourra en tirer. La destination martienne mise à part, on pourrait en effet croire qu'il n'y a guère de comparaison possible entre le flamboyant MAVEN, bardé d'instruments qui vont bientôt nous renseigner sur l'époque où Mars avait encore une atmosphère et des océans comme ceux de la Terre, et peut-être même détecter des traces de vie sur la planète rouge, et ce "petit" satellite indien.

D'un côté, MAVEN, parti le 18 novembre 2013, cet engin de 2,30m et 809 kilos, dont 65 dans 8 instruments scientifiques, arrivé dans la nuit de dimanche 21 à lundi 22 septembre, a procédé à une trajectoire sans faute depuis la Terre. De l'autre, MOM, qui a décollé le 5 novembre 2013, fait 1,5m et 500 kilos, dont 15 répartis dans 4 instruments scientifiques, prépare ses manoeuvres de mise en orbite après une traversée un peu plus longue.

Côté scientifique, MOM doit permettre de prendre des mesures de l'atmosphère et du sol de Mars, pour mieux comprendre leur nature. Ces mesures seront d'ailleurs complémentaires avec celles de MAVEN. Mais paradoxalement, ce n'est qu'un élément secondaire de la mission.

MOM est en effet avant tout une preuve de concept et de capacité de l'agence spatiale indienne, l'ISRO, à envoyer dans l'espace un satellite qui, après une croisière de 300 jours, pourra s'insérer en orbite autour de Mars, avec tout ce que cela comporte de technologie pour les communications, les télécommandes à distance, les programmes à l'intérieur de la sonde pour réagir automatiquement à des situations problématiques... Bref, à développer une réelle expérience spatiale pour ce début de XXIème siècle. Et c'est bien là l'objectif affiché de l'Inde : démontrer qu'elle est capable de concevoir avec succès des missions interplanétaires.

A l'heure où de l'autre côté de l'Atlantique on serre les budgets de la NASA, et que l'agence spatiale américaine fait appel à des prestataires privés pour ses futurs vols habités, la mission de Mangalyaan a valeur d'exemple. Le coût de la mission? 25 millions de dollars, à comparer aux 187 millions annoncés pour la mission MAVEN. Au total, MOM revient à 74 millions de dollars, mais la différence est représentée par des équipements au sol (transmissions, etc...) qui seront réutilisés pour toutes les futures missions indiennes.

Si l'Inde a déjà montré à de nombreuses reprises (plus de 70) qu'elle pouvait avec succès envoyer des satellites en orbite terrestre, il lui fallait passer à l'étape supérieure pour jouer dans la cour des grands, avec les USA, la Russie et l'Europe, et peut-être aussi distancer son voisin Chinois, davantage axé sur les missions lunaires. C'est tout l'enjeu de la mise en orbite de mercredi : l'Inde peut-elle devenir la puissance spatiale low-cost pour les années à venir ? Même si elle échouait sur la dernière étape, la mission MOM a déjà réussi une grande partie de son challenge : placer l'Inde en bonne place sur l'échiquier de la conquête de l'espace.

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