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Les jeux vidéo peuvent-ils changer le monde ?

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le monde des jeux vidéo peut-il changer notre monde ?

Moins de cinquante ans après leur découverte par le grand public, les jeux vidéo continuent de gagner de nouveaux adeptes. Chaque semaine, nous passons trois milliards d'heures à jouer dans le monde, estime Jane McGonigal, membre de l'Institute for the Future. Et ce temps passé ne cesse d'augmenter, au rythme de 10 % par an, selon l'institut d'étude de marché NPD. Du temps perdu ? Que nenni, puisqu'il permet de... changer le monde. Tout d'abord, les jeux vidéo permettent dans la plupart des cas une réelle immersion, ce qui leur permet de donner leur vision du monde et donc délivrer un message géopolitique. C'est par exemple le cas du dernier Assassin's Creed d'Ubisoft. Baptisé Unity, cet opus qui sort à la fin de l'année permet de revivre la Révolution française : le moteur permet d'y distinguer 5 000 personnes en temps réel.

Mieux, Soldats Inconnus, toujours signé Ubisoft, permet de se replonger, de manière très réaliste, dans les horreurs de la Première Guerre mondiale. Ce qui permet d'en tirer des leçons. On est donc très proche du "soft power", une influence via le partage d'une vision du monde, théorisé par le professeur de Harvard Joseph Nye.

Les leaders politiques peuvent aussi être représentés dans les jeux vidéo. Ainsi, dans Glorious Leader !, un jeu a priori très basique édité par Moneyhorse Games, basé à Atlanta, le leader nord-coréen Kim Jong Un chevauche une licorne - et s'essaie au basket ! Officiellement, dans ce jeu, c'est lui le héros. Officiellement, car il est, en réalité, tourné en ridicule dans ce titre annoncé pour la fin d'année... Ces messages peuvent d'ailleurs être suffisamment pris au sérieux par les autorités qui décident de les censurer.

Ce fut ainsi le cas de la Corée du Sud, avec Tom Clancy's Splinter Cell : Chaos Theory, sorti en 2005 et interdit de vente durant plusieurs mois sur place, car il évoquait le conflit avec le Nord. De même, la Chine n'a jamais vu d'un bon oeil Football manager 2005, car le Tibet y était décrit comme un pays indépendant. Même prise de distance du gouverneur de l'État du Chihuahua, au Mexique, par rapport à Tom Clancy's Ghost Recon Advanced Warfighter 2, car l'armée mexicaine y représente l'ennemi.

A contrario, les autorités peuvent participer même au financement de jeux vidéo. Pour contrecarrer Company of Heroes 2, qui décrit l'horreur du front de l'Est durant la Seconde Guerre mondiale, la Société d'histoire militaire russe a décidé, selon The Hollywood Reporter, d'attribuer des bourses aux développeurs prêts à montrer le pays sous un meilleur jour... De leur côté, les États-Unis financent des jeux comme America's Army, à des fins de recrutement, de formation ou de défense de leur vision du monde dans un conflit par exemple.

Les jeux vidéo délivrent aussi, et heureusement, des messages pacifistes. Ainsi de l'ONG Games for Change qui promeut le jeu éthique pour appréhender le monde différemment, comme l'explique Jean-Michel Blottière, son coprésident pour l'Europe. PeaceMaker de l'américain ImpactGame délivre aussi un message pacifiste, tout comme la Suède qui a lancé une plateforme de création de jeux baptisée democreativity pour défendre la paix et les valeurs démocratiques dans le monde. Enfin, plus récemment avec Cedaria Blackout, un superbe projet soutenu par les Pays-Bas et à destination des jeunes Libanais, mais qui n'a pas encore trouvé ses financements. Peut-être bientôt ?
 

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