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Trouver des extraterrestres grâce à votre ordinateur (SETI@home)

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Frank Drake, Fondateur du projet SETI

Les humains se sont longtemps demandé si nous étions seuls dans l’univers. Et selon des scientifiques de l’Institut de recherche d’intelligence extraterrestre (SETI), la question devrait trouver une réponse dans un futur proche. Seth Shostak, un astronome senior du SETI a déclaré : « Nous n’avons aucune preuve de vie au-delà de la Terre. Je pense que cette situation va changer du vivant de toutes les personnes dans cette pièce. » Et les scientifiques à la recherche de la vie au-delà de la Terre utilisent 3 méthodes différentes :

La première méthode  consiste à chercher des vestiges microbiens extraterrestres. Pour cette recherche, il y a les missions robotiques sur Mars comme Curiosity et Opportunity. Ces deux missions cherchent actuellement à prouver que la planète rouge a pu être habitable à un moment de son histoire.
Et Mars n’est pas la seule cible dans le système solaire. En fait, Shostak a dit qu’il y a « au moins une demi-douzaine d’autres mondes » dans le voisinage de la Terre potentiellement habitables. Des lunes glacées comme Europe et Ganymède dans le giron de Jupiter dissimuleraient des océans souterrains. La plus grande Lune de Saturne, Titan, aurait des lacs de méthane liquide, ce qui en fait un endroit charmant pour la vie.

La deuxième voie de recherche est l’examen des atmosphères de planètes en orbite autour d’autres étoiles. L’idée est de trouver des traces d’oxygène, de méthane ou d’autres gaz qui peuvent produire des processus biologiques. Quand une planète passe entre la Terre et son étoile, une atmosphère assez épaisse peut alors être détectée.
Pour Shostak, ces deux méthodes peuvent apporter des résultats dans les 20 ans à venir.

La troisiéme est la plus intéressante, puisqu’elle ne consiste pas seulement à trouver de la vie, mais aussi une vie intelligente. En cherchant dans l’univers des signaux dans divers spectre, le SETI espère trouver des diffusions intentionnelles ou accidentelles de civilisations extraterrestres.

Déterminer le taux de succès d’un tel programme est compliqué. Selon Shostak, les meilleures estimations suggèrent qu’il y a une chance raisonnable de succès après avoir examiné quelques millions de systèmes stellaires. Pour l’instant, le SETI a examiné moins d’1 % de ces systèmes solaires. Cependant, Shostak espère que ce nombre progressera en même temps que la technologie : « Selon les avancées technologiques prévues, l’observation de quelques millions de systèmes stellaires sera réalisée au cours des 20 prochaines années. »

Le télescope Kepler de la NASA a déjà révélé que les planètes sont très abondantes dans notre galaxie. Chaque étoile des 2344 milliards d’étoiles de notre galaxie a en moyenne 1,6 planète en orbite autour d’elle, et une planète sur 5 a une chance d’être une jumelle de la Terre. Ce qui signifie qu’il y a potentiellement des milliards de planètes habitables rien que dans la Voie Lactée.

Sur Terre, la vie a démarré au cours du premier milliard d’années de la vie de la planète qui est aujourd’hui âgée de 4,5 milliards d’années. Ce développement rapide de la vie suggère qu’il a pu se produire ailleurs aussi, ce qui pousse les scientifiques à penser qu’il y a une profusion de planètes avec des formes de vie dans la galaxie.

Par contre, de là à savoir si ces formes de vie sont intelligentes, c’est une autre question.

D’un côté, même si la vie a démarré rapidement sur Terre, la vie complexe puis intelligente a demandé beaucoup plus de temps pour se développer.

Comme le dit Shostak : « Notre planète était recouverte de vie, et pendant très longtemps, il fallait un microscope pour la voir. »

Cependant, de la même manière que la vie intelligente n’est pas réservée qu’à l’Homme sur Terre, certaines planètes pourrait avoir mis des pressions sélectives qui auraient guidé l’évolution vers des caractéristiques très différentes. Sur une planète, pour survivre, il faudrait être rapide, tandis que sur d’autres, il faudrait plutôt être fort.

Et on peut alors penser que qu’il y a certaines planètes de l’univers où il faut être intelligent pour survivre.

Dan Werthimer est le directeur du Centre de recherché SETI à l’Université de Californie. Il a souligné que le SETI utilise le plus grand télescope du monde l’Observatoire d’Arecibo à Puerto Rico. Il faut beaucoup de puissance de calcul pour digérer toutes les données de la recherche de signaux. En 1999, le programme SETI@home a permis à tout le monde de participer en mettant son ordinateur au travail pendant les périodes de veille. Aujourd’hui, 8,4 millions d’utilisateurs dans 226 pays ont le programme qui fonctionne en tant que fond d’écran.

Quand on lui demande sur les problèmes de sécurité potentielle, Werthimer répond : « à mon avis, SETI@home est une des choses les plus sûres que vous pouvez installer sur un ordinateur. » Il ajoute qu’en 15 ans, des millions d’utilisateurs l’ont installé sur leur machine et comme le programme est open source, tout le monde peut examiner le code pour chercher des virus ou des problèmes potentiels.

Dans les prochains mois, le SETI lancera le programme Panchromatic SETI. Il s’agit d’utiliser 6 télescopes pour fouiller le ciel à la recherche de signaux dans diverses longueurs d’onde (optique, radio et infrarouge incluses).

Un autre programme consiste à écouter les communications potentielles entre deux corps extraterrestres dans un système stellaire distant. De la même manière que la NASA envoie des signaux à destination du rover Curiosity sur Mars, ou aura besoin de communiquer avec de futurs robots dans le système solaire, les civilisations extraterrestres peuvent aussi explorer et coloniser leur propre voisinage. En utilisant les informations recueillies par Kepler, les scientifiques du SETI peuvent savoir quand deux planètes sont alignées dans un autre système et tenter ainsi d’écouter d’autres signaux.

En se reposant sur une multitude de technologies dans la recherche de civilisations extraterrestres, le SERI espère améliorer ses chances de trouver une vie intelligente au-delà sur système solaire. Les programmes évoluent en même temps que la technologie. Le SETI essaie d’ajouter un nouveau programme de recherche chaque année. La meilleure stratégie est selon eux de ne pas mettre tous les œufs dans le même panier.

Shostak pense que même nos technologies dépassées comme les signaux radio doivent continuer d’être cherché. Et ils ne sont pas nécessairement obsolètes. « On ne devrait pas éliminer une technologie, simplement parce qu’elle existe depuis un moment. Nous utilisons la roue chaque jour. »

Si les scientifiques découvraient un signal qui pourrait simplement suggérer l’existence d’une civilisation extraterrestre, la nouvelle se répandrait assez vite. Le SETI pourrait éventuellement demander aux observateurs de vérifier de nouveau les données avant de faire l’annonce, mais une telle nouvelle ne resterait pas secrète très longtemps.

« Le public pense que le gouvernement a un plan secret sur ce que nous ferions si on découvrait un signal »
Mais il affirme qu’il n’a jamais reçu d’appel ou de visites clandestines à chacune des fausses alertes qu’il a déjà pu observer. Selon eux, la nouvelle se répandrait avant qu’elle puisse être vérifiée. Et il y aura donc de nombreuses fausses annonces dans les années qui viennent.

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