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La NASA à Aix en Provence

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OCAM²

L'agence spatiale américaine est à Meyreuil pour conclure un accord de partenariat avec une start-up qui a mis au point une caméra révolutionnaire. Passez plutôt cette après-midi, le reste de la semaine, on sera pas mal pris par les gens de la Nasa..." Patriotisme économique ou pas, voilà le genre de petites phrases qui ferait gentiment fantasmer plus d'un chercheur français. Mais chez First Light Imaging, la start-up installée dans la pépinière d'entreprises innovantes de Meyreuil, on ne se pince plus, la réalité a dépassé le rêve : la célèbre agence spatiale américaine est bien intéressée par la technologie maison, un système de caméras ultrasensibles et ultrarapides, développées pour l'astrophysique mais qui ouvrent en fait de bien plus larges perspectives.

"Un premier staff scientifique de la Nasa passe la semaine chez nous pour commencer à travailler avec Jean-Luc (Gach, associé et responsable scientifique de First Light)", précise David Boutolleau, président heureux de la petite société.

Pour l'heure, ça n'est clairement pas le plus gros marché décroché par la start-up. Mais il n'en est qu'à ses prémices et les retombées en terme d'image d'un contrat avec la Nasa sont, elles, énormes. Ce que les Américains viennent chercher en pays d'Aix, c'est "ce qu'ils ne savent pas faire et qu'ils ne pourront pas trouver ailleurs", condition d'ailleurs quasi sine qua non pour qu'une agence publique américaine puisse choisir de travailler avec une technologie qui ne soit pas made in US.

C'est que la caméra de First Light est hors norme. "Elle peut détecter une particule de lumière à 2 000 images par seconde", là où la concurrence plafonne "à 30 ou 50 images seconde", résume Jean-Luc Gach. En clair, le petit bijou, baptisé OCAM², ne laisse rien passer et ceci dans le noir quasi absolu.

La Nasa n'achètera pas la technologie OCAM², mais entend codévelopper avec First Light sa grande soeur, qu'elle envisage d'intégrer au projet WFirst, le futur téléscope spatial qui prendra le relais du "vieil" Hubble, lancé en 1990.

WFirst, qui ne sera pas en orbite avant 2020, aura deux missions : traquer les traces infrarouges de la naissance de l'univers et scruter l'espace visible à la recherche de planètes d'une taille comparable à la Terre, mais tournant autour d'une autre étoile que le Soleil. En clair, le premier pas vers la recherche d'une trace de vie extra-système solaire.

"C'est pour cette partie d'imagerie visible que la Nasa vient nous chercher", se réjouit Jean-Luc Gach, ancien chercheur du Laboratoire d'astrophysique de Marseille. En fait, cinq des six associés à l'origine de First Light viennent du monde de la recherche publique.

La propriété intellectuelle d'Ocam appartient d'ailleurs toujours à Aix-Marseille université, la start-up n'en étant que l'exploitant. Et plusieurs des dix salariés de la société ont toujours un pied dans des instituts de recherche universitaire.

Au-delà de l'astronomie, la petite caméra prodige, déjà écoulée partout dans le monde (et singulièrement en Chine) à une vingtaine d'exemplaires, trouve ses applications en biologie (elle peut filmer les influx nerveux, le séquençage ADN...) ou encore dans les nanotechnologies. "Notre caméra peut servir à filmer tout ce qui est très bref, qui émet très peu de lumière et qu'on ne peut pas éclairer", résume David Boutolleau. Et pour ça, elle serait même la meilleure au monde.

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