Jean-Louis Aubert chante les poèmes de Houellebecq

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Jean Louis Aubert

Prévu pour sortir en avril prochain, le nouvel album de Jean-Louis Aubert "Les Parages du vide" est une adaptation en musique de poèmes extraits de "Configuration du dernier rivage", recueil de poèmes de Michel Houellebecq. L'ex-chanteur de Téléphone est tombé sous le charme des poèmes de Houellebecq, comme il l'expliquait dans un mail adressé à l'écrivain en mai 2013 : "Votre recueil Configuration du dernier rivage que j’avais acheté en même temps que mes cigarettes était là, devant moi, j’ai ouvert n’importe où... Il y avait une chanson, j’ai attrapé ma guitare... Oui, une belle, une vraie chanson. Et puis, la page suivante, encore une. J’étais dans ’Les Parages du vide’. (...) Ca fait longtemps que je vous lis avec délice et étonnement, en éprouvant parfois une indicible proximité. Serait-il possible que le chanteur chante le poète ? Pourrais-je donner des ailes à vos mots ?"

Les textes de l'écrivain avaient déjà inspiré d'autres musiciens : le groupe allemand Helium Bola avait déjà adapté des extraits de "Renaissance" et de "La Poursuite du bonheur" au début des années 2000. En 2008, Carla Bruni-Sarkozy chantait "La Possibilité d'une île" sur son album "Comme si de rien n'était". Le même roman avait également inspiré Iggy Pop pour "Préliminaires". Mais Michel Houellebecq joue aussi son propre rôle au cinéma.

Le film de Guillaume Nicloux, réalisé pour la chaîne de télévision franco-allemande Arte, prend pour point de départ une rumeur qui évoquait en septembre 2011 la possibilité d'un kidnapping de l'écrivain, prix Goncourt l'année précédente. "J'avais envie de partir d'un fait divers qui était celui dont la presse s'était emparée par rapport à une absence de Michel à un colloque. On est parti là-dessus, et je me suis plu à imaginer ce qui aurait pu se passer pendant cette absence, cette disparition", a expliqué Nicloux à Berlin. L'auteur des "Particules élémentaires", sorte de Droopy égaré, se retrouve confronté à un trio de pieds-nickelés - un Gitan obèse et impulsif, un body-builder à fleur de peau et un adepte du free-fight amoureux de son chien  d'attaque - qui le séquestrent dans un petit pavillon du Loir-et-Cher, dans le centre de la France.

"Il y a eu une tonalité qui a été donnée, (...) cette tonalité de comédie mais aussi une tonalité sentimentale où une empathie se crée entre chacun des personnages", souligne de son côté Nicloux. Les parents septuagénaires d'un des ravisseurs, Ginette et Dédé, un mécano qui ne parle que le polonais et une jeune prostituée nommée Fatima, complètent cette petite communauté improbable dans laquelle "Michel" comme tout le monde l'appelle, laisse libre cours à ses considérations sur "Le Seigneur des Anneaux", Lovecraft, la paternité, la démocratie représentative en Suède ou le milieu littéraire "volontiers dans la pédophilie"...

"Ce qui m'a donné envie de faire ce film, c'est Michel, pas Houellebecq, l'image de Michel Houellebecq ne m'intéresse pas, ce qui m'intéresse c'est la personnalité de Michel, c'est lui qui m'a donné envie de faire le film, c'est cette condition humaine-là qu'il m'intéressait de travailler, de confronter Michel à des personnages assez hauts en couleur et de voir ce qui allait se produire", raconte Nicloux.

"Je pense que j'ai été pris en partie pour ça car l'une de mes caractéristiques, c'est qu'on sait jamais trop ce que je vais dire, donc je suis surprenant", souligne l'écrivain et poète. "Ce qui est surtout troublant, c'est que ma vie ordinaire n'est pas tellement plus intéressante, c'est la vérité, c'est assez embarrassant comme conclusion, je suis obligé de convenir que ma vie est pas terrible", sourit l'acteur-auteur. Et est-il satisfait du film? "Oui, dans la mesure où j'arrive à dépasser la stupéfaction de me voir à l'écran."
 

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