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GSLV, le succès du 5 janvier 2014

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GSLV sur son pas de tir

Après des débuts difficiles, le lanceur GSLV de l’agence spatiale indienne ISRO a réussi son cinquième vol le 5 janvier. Il a placé avec succès sur orbite géostationnaire un satellite de télécommunication (GSAT-14). L’Inde a développé par étapes son indépendance spatiale afin d’être capable de fabriquer avec son industrie nationale ses propres satellites, puis les fusées nécessaires pour leur lancement. La plus grande démocratie du monde utilise en effet le spatial pour son développement avec des satellites de télécommunications pour desservir son vaste territoire ou encore des satellites d’observation de la Terre pour gérer ses ressources naturelles ou établir des prévisions météo.

L’agence spatiale indienne, l’ISRO (India Space Research Organisation), a mis au point un lanceur efficace et fiable (25 lancements avec seulement 2 échecs au début du programme) le PSLV (Polar Satellite Launch Vehicle). Comme son nom l’indique, il est principalement dédié à la mise sur orbite polaire (l’orbite survole les pôles terrestres) de satellites. Néanmoins, le PSLV s’avère très flexible puisqu’il a par exemple servi à lancer les deux missions d’exploration du système solaire de l’Inde : Chandrayaan-1 vers la Lune en 2008 et plus récemment Magalyaan vers Mars en novembre 2013. Cependant, le PSLV ne peut pas envoyer vers l’orbite géostationnaire les satellites de plusieurs tonnes dont l’Inde a besoin pour ses télécommunications. Le pays se tourne donc vers des prestataires étrangers, comme Arianespace qui commercialise la fusée européenne Ariane 5. Mais parallèlement, l’ISRO développe le GSLV qui comme son acronyme l’indique (Geosynchronous Satellite Launch Vehicle) vise essentiellement l’orbite géostationnaire. Plus puissant que le PSLV, le GSLV dans sa version Mark II peut placer 2,5 tonnes sur une orbite de transfert géostationnaire, orbite à partir de laquelle le satellite atteint sa position géostationnaire. Rappelons que la position géostationnaire s’avère très pratique pour les télécommunications puisque le satellite semble alors immobile dans le ciel (il tourne en même temps que la Terre) et qu’une antenne fixe suffit donc à recevoir ses signaux.

Malheureusement, le programme GSLV a connu beaucoup de difficultés et même un échec lors du vol inaugural d’un GSLV dans sa première version (Mark I) en avril 2001. Après deux succès en mai 2003 et septembre 2004, c’est la crise : le lanceur (en version Mark I ou II) cumule les difficultés avec un échec en juillet 2006, une défaillance en septembre 2007 (le satellite n’est pas largué sur la bonne orbite et doit utiliser sa propulsion propre pour corriger l’erreur) et surtout deux échecs consécutifs en avril et décembre 2010. On comprend dès lors l’importance de la réussite du vol du 5 janvier dernier, non seulement pour l’ISRO, mais aussi pour l’indépendance dans l’accès à l’espace de l’Inde. De plus, ce GSLV Mark II utilisait un troisième étage cryotechnique utilisant de l’hydrogène et de l’oxygène liquides une technologie de pointe que l’Inde cherche à maîtriser depuis de nombreuses années (les autres étages emploient de l’hydrazine, produit efficace mais toxique, ou de la poudre). De précédentes versions du GSLV employèrent un étage similaire mais fourni par une société russe. Ce troisième étage en version indienne, dit CE-7.5, avait déjà été embarqué sur le vol d’avril 2010 d’un GSLV et son non-allumage avait même été la cause de l’échec d’alors.

Le succès du 5 janvier marque donc également la première réussite de cet étage basé sur une technologie de pointe dont la maîtrise est toujours délicate (l’hydrogène et l’oxygène liquides sont respectivement à -250 °C et -180 °C et ce type de moteur exige des pompes tournant à haute vitesse).
On notera que le satellite de télécommunication GSAT-14 lancé le 5 janvier, et fabriqué en Inde, va renforcer les capacités de télécommunications de GSAT-3 (également appelé EDUSAT car fortement employé pour relayer des programmes nationaux d’éducation à distance) sur orbite depuis 2004.

En vidéo ci-dessous, le départ du lanceur GSLV

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