Ison n'a pas survécu face au soleil

Version texteEnvoi par courriel.
Ison face au soleil

Ison, un gros bloc de glaces et de roches, devait frôlé la surface du soleil au plus près à 1,17 million de km vers 18H30 GMT, subissant des températures de 2.700 degrés et perdant trois millions de tonnes par seconde. La majorité des astronomes avaient prédit qu'Ison ne survivrait pas à ce survol rapproché du soleil. "Je pense qu'il y a peut-être 30% de chances", qu'elle survive avait dit mardi Carey Lisse, un expert des comètes au laboratoire de physique appliquée Johns Hopkins lors d'une conférence de presse téléphonique. "Cette comète n'est pas très solide, elle est formée à 50% ou peut-être 30% de glace d'eau", et la taille du noyau est assez petite par rapport à la moyenne des comètes observées jusqu'à présent, avait expliqué le scientifique disant que son diamètre était estimé à 1,2 kilomètre maximum.

La comète Ison n'a apparemment pas survécu aujourd'hui à son passage rapproché de la surface du soleil, ont conclu des astronomes en examinant les images transmises par plusieurs satellites d'observation solaire. "Il semble bien que la comète Ison n'a probablement pas survécu à son périple", a conclu Karl Battams, un cométologue au Naval Research Laboratory à Washington lors d'une table ronde organisée par la télévision de la NASA. "Je viens de regarder les dernières images des satellites et ne je vois rien ressortir derrière le disque solaire et cela pourrait être le dernier clou dans le cercueil", a-t-il ajouté.

Même conclusion de Phil Plait, un astronome éditeur du site "Bad Astronomy": "je ne pense pas que la comète ait survécu", a-t-il dit. "Ison paraît avoir disparu, s'être disloqué au cours des dernières heures", a ajouté Dean Pesnell, un physicien solaire, responsable scientifique du "Solar Dynamics Observatory" ou SDO, un satellite de la NASA pour observer le soleil. "Nous ne voyons rien et le SDO comme SOHO (Observatoire solaire et héliosphérique) sont de très bons détecteurs de comètes", a-t-il insisté. Le SOHO est opéré conjointement par la NASA et l'ESA, l'agence spatiale européenne. "J'espère que nous allons bientôt voir une autre comète", a aussi espéré le physicien.

Et ce matin (29/11/2013), surprise, une tâche brillante a fait sa réapparition sur les images de Soho, exactement à l'endroit où la trajectoire d'ISON était attendue. «Nous ne voyions plus qu'une très faible queue, qui semblait provenir des restes de poussières de la comète, et puis petit à petit une condensation brillante est réapparue sur les images,» raconte Dominique Bockelée-Morvan, astronome et directrice de recherche CNRS à l'Observatoire de Paris. Cette «condensation brillante» est le signe d'un regain d'activité du noyau de la comète, ou de ce qu'il en reste s'il s'est fragmenté, qui recommence à émettre des gaz et de la poussière en étant chauffé par le Soleil.
Il est encore trop tôt pour affirmer si la comète est intacte ou fragmentée, et quelle proportion de sa masse de départ a été conservée, mais il reste en tout cas suffisamment de matière pour former un noyau avec une activité visible. Il faudra aussi expliquer pourquoi ISON est restée invisible pendant une période assez longue après son passage au plus près du Soleil. Une des hypothèses est que la température a été tellement élevée que les poussières ont été directement brûlées et vaporisées, ne laissant plus aucun matériel capable de disperser la lumière et de rendre la comète visible. Le noyau lui-même est invisible, puisqu'il est de couleur très sombre et ne fait qu'un peu plus d'un kilomètre de diamètre. En s'éloignant assez, la température a dû redescendre suffisamment pour que les poussières puissent survivre.

Le 3 décembre 2013 --> Les astronomes en sont désormais certains. La comète Ison n'a pas survécu à son passage au plus près du Soleil jeudi vers 18h30 GMT (19h30 à Paris). Le gros bloc de glaces et de roches s'est disloqué en passant à 1,17 million de kilomètres de notre étoile, subissant une température de 2.700 degrés et perdant trois millions de tonnes par seconde.
Ison a mobilisé la communauté astronomique depuis sa découverte le 21 septembre 2012 par des astronomes russes car elle remonte aux origines du système solaire il y a 4,5 milliards d'années. Elle s'est en effet échappée, il y a environ trois millions d'années, du nuage d'Oort, sorte de "parking" de comètes aux confins du système solaire situé à mi-chemin entre le soleil et la prochaine étoile.
La déception est tout aussi grande pour les astronomes amateurs, car, si Ison avait survécu, on aurait pu l'observer à l'oeil nu au moment de Noël lorsqu'elle aurait croisé au plus près de notre planète.


En vidéo, la rencontre de Ison avec le soleil

Médias Sociaux et Flux RSS

Twitter icon
Google+ icon
YouTube icon
RSS icon