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Cosmic Machine, un voyage intemporel dans la musique électro

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La pochette de Cosmic Machine

Les Français n'ont pas été les derniers à se mettre à la musique électronique. Leur contribution a été non négligeable aux premiers temps des ritournelles synthétiques. La compilation "Cosmic Machine" documente cette époque fébrile à la charnière des années 60 et 70 en exhumant 20 titres électroniques made in France. Jean-Michel Jarre et Cerrone y voisinent avec Patrick Juvet et Pierre Bachelet. Début des années 70. Le monde se passionne pour le futur. Neil Armstrong pose le pied sur la Lune. Stanley Kubrick emmène le cinéma dans les étoiles avec "2001 : l’Odyssée de l’Espace". Mais quelle est la B.O. du quotidien de l’époque ? Le synthétiseur révolutionnaire Moog débarque et fait souffler un vent de folie sur la musique via "Pop Corn", premier hit mondial synthétique de l'histoire (1969).

En France,  la bombe futuriste "Messe pour le temps présent", composée pour le ballet Béjart par Pierre Henry (inventeur de la musique concrète) et Michel Colombier (compositeur de musiques de films), est sortie deux ans plus tôt (1967).  A sa suite, toute une génération de musiciens et d’ingénieurs du sons français s’emparent des nouveaux synthétiseurs analogiques (Mini Moog, Arp 2600, Arp Odyssey…). Parmi eux, Jean-Michel Jarre, Jean-Jacques Perrey et Cerrone mais aussi, plus étonnant, François de Roubaix, Patrick Juvet et Pierre Bachelet. La compilation "Cosmic Machine" documente cette époque de balbutiements en exhumant 20 titres synthétiques plus ou moins connus.

L’idée était de montrer que « plein d’artistes français, y compris très grand public, on fait à cette époque de la musique qui était en avance sur son temps », nous explique Olivier Carrié, alias Uncle O, artisan de cet album. Collectionneur de vinyles impénitent, déjà aux manettes de plusieurs compilations remarquées dont "Shaolin Soul" (les originaux soul samplés par le Wu-Tang Clan), il ouvre sa malle aux trésors pour démontrer « la contribution non négligeable des Français » aux débuts de la musique électronique. Hélas ni Pierre Henry ni "Messe pour le temps présent", ni même les expérimentations fertiles de Christophe, ne sont au menu. Question de droits.

Dès le départ, la musique synthétique était loin d’être monolithique. Rien que sous la bannière « cosmique » de cet album cohabitent des genres très différents. Stimulée d’abord par les expérimentations audacieuses du Groupe de Recherches Musicales de Pierre Shaeffer (inventeur notamment des samples et les loops), elle part vite dans tous les sens, «de l’easy-listening au psychédélique, au disco et au planant.» Et sert aussi bien le cinéma que la pub et le dance-floor.
«Le point commun de tous ces titres c’est que même si les artistes lorgnaient tous plus ou moins vers les Etats-Unis et l’Allemagne, on distingue une patte française dans les mélodies et les arrangements. C’est la vision et la sauce française de ces musiques alors émergentes», analyse Uncle O.

Pour la pochette de "Cosmic Machine", ce graphiste de formation frappe fort et juste avec une magnifique oeuvre de Philippe Druillet. "Je m'étais dit, puisqu’on est dans des vieilles choses, on va rester dans le délire jusqu’au bout. J’avais pensé à Druillet, Moebius ou Caza", se souvient Uncle O.
"Druillet était en tête de ma liste et notre rencontre s’est très bien passée. Il m’a dit ‘prends ce que tu veux’ dans mes planches de BD. Mais ça n’a pas été évident parce que malgré son énorme production, il n’a plus rien ! Il a beaucoup vendu au fur et à mesure à ses fans du monde entier et d’autres choses se sont perdues à l’époque de Metal Hurlant. Le dessin de la pochette est extrait de l’album Salambo."
 

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