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OVH, 15 ans, CA:220 M, 150000 serveurs, 700000 clients

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OVH Worldmap 2013

Au regard de la fréquentation du OVH Summit 2013 - deux à trois mille personnes - force est de constater que la PME de Roubaix n’a plus grand-chose à voir avec la petite start-up lancée « il y a seulement 15 ans ». L’entreprise reste indubitablement familiale. C’est un fait. Sur la scène se sont succédés Octave Klaba, Directeur Général, son frère Miroslaw, en charge de la R&D, et Henri, le père, PDG du groupe. Toujours familiale donc, mais la société passé aujourd’hui un nouveau seuil. Quelques indicateurs, donnés ou confirmés hier, le montrent : un chiffre d’affaires de 200 millions d’euros, une croissance de 35 à 40 % par an, 700 employés (un millier dans les deux à trois ans avec un recrutement un peu partout en France : « nous avons asséchés le bassin de Geeks de Roubaix » plaisante Octave Klaba) dont 200 personnes aux support (« pas d’outsourcing chez nous ! »), 200.000 utilisateurs d’hubiC, 130.000 lignes téléphoniques, 150.000 serveurs répartis sur 12 data-centers (dont 5 à Roubaix), et une croissance internationale entamée avec l’Amérique du Nord et l’Allemagne (« les allemands veulent les datacenters chez eux, dit-on, moi je ne sais pas… le seul moyen de savoir c’est d’y aller », explique le DG quand on le questionne sur sa stratégie).

Mais chez OVH on parle surtout technique : prix du Kwh selon les pays, ping en millisecondes et kilomètres parcourus par le signal, modèle de fibres optiques et débits, distance des centrales et redondance électriques, etc. A son entrée, Klaba père plante d’ailleurs immédiatement le décor. « Moi, je suis ingénieur mécanicien ».

On parle donc aussi industrie lourde et chaîne de montage. Une des particularités d’OVH est en effet que la société fait tout elle-même : ses serveurs, son système de refroidissement, le réseau. « Nous produisons tout depuis le départ jusqu’au réseau parce que nous sommes une famille d’ingénieurs, martèle Henri Klaba, cela nous permet de réduire de 30 % nos coûts d’exploitation ».

Parmi les prochains projets lourds d’OVH, un nouveau centre de données est prévu dans les deux à trois ans à Roubaix (les pourparlers sont en cours avec EDF) et un champ expérimental de six éoliennes près de Nancy. « On est fabriquant de nous propres éoliennes ! », souligne Klaba Père au cas où un doute subsisterait.

Professionnels du foncier et de l’industrie, OVH a également essayé de travailler son identité Geek et « de barbus » (mot par lequel le DG désigne avec sympathie les développeurs). « Nous sommes des passionnés d’informatique qui parlons à nos écrans noirs, lance par exemple Octave Klaba, nous essayons d’avoir le plus de feedbacks de nos clients sinon le Geek, il est malheureux, il ne sait pas quoi développer ».Le Directeur Marketing, Alexandre Morel, est lui-même développeur. Et professeur d’informatique à l’Université de Lille.

Son mission, cette année, a principalement été de réorganiser les produits d’OVH pour les rendre plus lisibles. Il faut dire que l’utilisateur pouvait commencer à s’y perdre avec une quarantaines de produits allant du nom de domaine au Storage, en passant par les Virtual Private Server le CDN ou des VM préconfigurées. « Ceux qui pensent qu’OVH c’est juste de l’hébergement, vous avez bien fait de venir… vous risquez d’être secoués », entame Alexandre Morel. Désormais, donc, OVH se structurera en 4 univers (Web, Dédié, Cloud et Téléphonie). Univers auxquels il faut ajouter l’activité de conseil pour « matcher » les « briques » de ces univers ou pour les clients qui souhaitent se lancer dans un projet sans avoir l’expertise interne (typiquement, les PME qui veulent une messagerie Exchange clef en main).

Au sein de ces univers plusieurs nouveautés ont été annoncées pour les développeurs (barbus ou pas). Pêle-mêle :
   - vRack, pour interconnecter les différents services
   - une ergonomie revue en profondeur pour les portails clients et admin
   - des tableaux de bords dédiés personnalisés en fonction des besoins (des DSI, des Webagency, etc.)
   - une nouvelle API Restful pour piloter et combiner les services d’OVH (pour l’instant environ 60 % d’entre eux sont pris en charge)
   - l’API hubiC, les développeurs pourront intégrer l’accès à cet espace de stockage dans leurs applis
   - le VDSL disponible mi-octobre, qui d’après la société offre des performances similaires à la fibre mais sur des lignes classiques
   - l’arrivée des nouvelles extensions de domaines, dont le .ovh (une blague qui a reçu plus de 15.000 demandes) – validation espérée en 2014
   - PCS (Public Cloud Storage) qui devient transatlantique (un fichier peut être dupliqué en Europe et au Canada)
   - un Anti DDoS pour contrecarrer les attaques par déni de service qui, constate OVH, seraient de plus en plus nombreuses
   - Public Cloud Instance passe en version 2.0, et devient une offre de VM « as a service » entre IaaS et PaaS (un VMaaS synthétise Alexandre Morel)

Et petite déception, débordé par la demande (30.000 serveurs commandés en 6 semaines, soit l’équivalent de la demande globale sur 2012), OVH réservera ses serveurs dédiés à 3.99 € aux seuls étudiants. Actuellement « sold-out », ils donneront aux universitaires « une porte d’entrée sur Internet et un outil bon marché pour apprendre à administrer un serveur », dixit Octave Klaba

Avec toujours plus d’offres, OVH cherche toujours plus de clients. Son avenir passera à présent peut-être par les Etats-Unis. Certains prospects ont en effet une logique inverse de celle des européens : leurs données doivent être hébergées aux Etats-Unis et se conformer au Patriot Act. Qui plus est, « là-bas, tout est fait pour faire venir les entreprises », ajoute un brin admiratif le DG d’OVH.com. Sous-entendant que ce ne serait pas le cas partout…

Ce développement commercial passera en revanche à coup sûr par les SSII pour toucher des clients « moins Geeks » (banques, industriels, etc.). Une révolution sous forme de chocs culturels pour un groupe « de développeurs austères » face à des acteurs « plus habitués que nous à faire du serrage de main ». Derrière ce succès, et ces projets, les défis ne manquent pas.

Le premier sera donc d’arriver à trouver de nouveaux partenaires / revendeurs pour passer un palier supplémentaire et élargir sa cible. Aujourd’hui ses produits vont déjà du grand public (hubiC) aux développeurs.

Mais comme le dit son DG, « OVH.com c’est un peu comme Castorama. Celui qui sait construire y trouvera tout ce qu’il veut pour faire sa maison. Chez nous c’est pareil. Mais en proposant des éléments préfabriqués, on pourrait toucher de nouveaux marchés ». Or Castorama ne propose pas de préfabriqués. OVH non plus. « Faire ce type d’offres m’embête parce que ce n’est pas notre cœur de métier, continue Octave Klaba, il va falloir que l’on trouve des partenaires de taille parce qu'on a nous aussi atteint une taille critique. On est en discussion ». Il faudra donc en premier lieu convaincre de « grosses SSII internationales ».

Le deuxième d’entre eux – voulu - sera de conserver son indépendance. Autrement dit, de générer suffisamment de retours sur les 85 à 90 millions d’investissement annuels pour ne pas avoir à faire appel à une augmentation de capital. Ouvrir l'actionnariat reviendrait en effet à s’exposer à une influence externe et ne plus être seul à décider quels risques prendre ou quelle liberté laisser à la R&D.
Le troisième défi est d’ordre industriel. OVH pourra-t-il tenir la charge ? Les serveurs à 4 € montrent que l’entreprise peut être victime de son succès. Autre exemple, aujourd’hui, les datacenters de Roubaix sont « à 93 % full ».
En faisant tout - notamment l’assemblage de ses serveurs - OVH maitrise totalement son offre. Mais, presque seul fournisseur de lui-même, il court aussi le risque de ne pas pouvoir suivre la demande si celle-ci continue de croitre de manière exponentielle. Avec à la clef, une crise de croissance si son outil de production sature ou que des projets de constructions sont freinés.

Problème de riches et rançon du succès, dirons-nous. Pour mémoire, OVH a été créé en 1999. Un an plus tard, l’entreprise proposait son premier serveur dédié. A cette date, elle possédait une vingtaine de machines. Aujourd’hui, OVH est numéro 1 européen avec 700.000 clients, « et bientôt n°1 mondial » . Il revendique 150.000 serveurs. Et d'autres centres de données sont prévus à moyen terme sur la feuille de route.

Vous, qui venait de lire ces lignes, vous avez pu le faire grâce à un serveur dédié OVH !! OVH c'est toujours un octave au dessus !!



 

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