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La NSA a bien fauté

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Récemment, des sources du Wall Street Journal révélaient que la NSA en collaboration avec des compagnies de télécommunication avait mis en place des systèmes permettant à l’agence secrète d’espionner plus de 75 % du trafic internet global du territoire américain. Information qui a d’ailleurs été démentie par la NSA qui affirmait ne surveiller qu’environ 1,6% de ce trafic (et plus spécifiquement dans des cas de terrorisme). Des documents du tribunal secret «Foreign Intelligence Surveillance» ont été rendus publics. Ceux-ci mettent en lumière la responsabilité de la NSA dans une campagne de collecte de courriels d'Américains.

Au total, les documents mentionnent que 56 000 emails ont été collectés illicitement par année, sur une période de 3 ans, de 2008 à 2011, en violation de la vie privée des citoyens américains.

Les porte-paroles de la NSA ont fourni leur explication des faits. Pour eux, il s’agit d’un incident technique mineur interne. Les techniciens n’ayant pas réussi à séparer correctement le trafic des mails d’intérêt de celui des citoyens normaux n’ayant aucune connexion directe avec le terrorisme.

Toujours d’après ces mêmes porte-paroles, la situation aurait été rétablie, puisque ces documents qui sont normalement tenus secrets ont été rendus publics.

Pour le juge John Bates, la NSA est tout simplement coupable d’avoir violé la vie privée de ces concitoyens américains. Pour lui, l’agence a enfreint le quatrième amendement de la constitution américaine sur les perquisitions et recherches abusives.

Auparavant, le Washington Post, s'appuyant sur une analyse d'un audit interne, rapportait que la NSA avait commis des "milliers" d'infractions aux lois sur le respect de la vie privée depuis qu'elle a été dotée de nouveaux pouvoirs en 2008. Et, mardi, le quotidien britannique The Guardian, parmi les premiers à diffuser les documents secrets, racontait les pressions du gouvernement britannique, qui l'a notamment obligé à détruire des disques durs.

Deux mois après les premières révélations d'Edward Snowden, l'administration Obama a reconnu ce mercredi que l'Agence nationale de sécurité (NSA) a bien violé la loi entre 2008 et 2011 en interceptant illégalement des e-mails d'Américains sans liens avec le terrorisme.

Conformément à l'engagement pris par Barack Obama le 9 août dernier, le gouvernement a déclassifié et mis en ligne ce mercredi plusieurs documents administratifs et judiciaires relatifs au programme de surveillance Prism. Parmi les documents figure une décision de justice, jusqu'ici secrète, ordonnant à la NSA de mettre fin en l'état à un programme d'interception de communications internet. Selon la Foreign Intelligence Surveillance Court (FISC), chargée de juger les écoutes de la NSA, ce programme allait à l'encontre de l'amendement qui protège les Américains contre toute fouille ou surveillance excessive.

Plusieurs millions de dollars. C'est la somme, dont le montant précis n'est pas connu, qui a été versée par l'Agence nationale de sécurité (NSA) américaine aux géants du Web qui collaborent au programme Prism, selon de nouvelles informations du Guardian.

Ce remboursement, tout ce qu'il y a de plus légal, visait à compenser la mise en conformité technique de ces entreprises à la suite d'une décision de justice. La cour de justice FISA (instaurée par le Foreign Intelligence Surveillance Act), qui fournit annuellement à la NSA des agréments pour procéder aux interceptions et aux collectes de données, a jugé en octobre 2011 que la NSA ne protégeait pas suffisamment les données des ressortissants américains, contrairement à ce que la Constitution des Etats-Unis lui impose. Les géants du Web, parmi lesquels Google, Yahoo, Microsoft et Facebook, ont dû procéder à des modifications techniques pour mieux identifier les données émises par des citoyens amériains, qui ont conduit à un remboursement.

Selon The Guardian, qui s'appuie une nouvelle fois sur les documents qui lui ont été transmis par l'ancien analyste américain Edward Snowden, c'est la première fois qu'un lien financier direct est avéré entre la grande agence de renseignement et les entreprises américaines.

Cette compensation pose la question de la nature de la relation qui unit les fleurons de la Silicon Valley à l'opaque NSA, alors que les premiers ont toujours affirmé qu'ils ne répondaient qu'à des requêtes précises et ciblées de la part de la seconde.

Sollicitées par The Guardian, les entreprises donnent des explications contradictoires. Pour Yahoo, "la loi fédérale impose au gouvernement de rembourser les frais engagés pour répondre aux processus légaux imposés par les autorités. Nous avons demandé un remboursement, conformément à la loi". Facebook, lui, nie avoir reçu le moindre centime de la part de la NSA. Google est resté vague, et Microsoft n'a pas souhaité commenter.
 

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