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L'électro au féminin

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Annie Mac

Depuis quelques années, bon nombre d’artistes féminines nous prouvent que l’électro n’est pas réservée qu’aux garçons. Si les clichés de la « DJ wannabe qui se sert de ses attributs pour percer dans le milieu » persistent, petit à petit, les filles s’imposent avec talent. Et c’est tant mieux ! Cette semaine, nous allons vous présenter cinq d’entre elles qui, entre techno sombre, house sensuelle ou R’n’B indé, vont vous faire danser tout l’été: Dj Annie Mac, Girls Girls Girls, Louisahhh, Maya Jane Coles, Nina Kraviz.

**Dj Annie Mac**
Tout d'abord direction le Royaume-Uni,où, tous les vendredis, de 19h à 21h, la présentatrice et DJ Annie Mac anime sa propre émission sur la BBC Radio 1 : Annie Mac’s Mash. Contrairement aux autres artistes féminines présentées dans cet article, Annie Mac n’est pas à proprement parler une DJ, pourtant, l’Irlandaise joue un rôle influent dans le monde de l’électro. En effet, c’est elle qui programme toutes les nouvelles tendances électro en Grande Bretagne, écoutées et diffusées ensuite dans le monde entier !
Née à Dublin, l’animatrice a d’abord étudié la Littérature à Belfast avant de déménager à Londres et de se lancer dans la radio. Aujourd’hui, Annie MacManus de son vrai nom, est une des animatrice phares de la BBC et son show actuel, qui a pris place après le départ de la non moins célèbre Mary Anne Hobbs sur XFM, est particulièrement suivi.
L’une des principales raisons à ce succès réside dans une rubrique efficace en diable nommée Annie Mac Minimix, où sont diffusés de courts mix electro de cinq minutes, réalisés par des DJs internationaux comme Basement Jaxx, Vitalic ou encore Breakbot. Par ailleurs, son émission offre l’opportunité aux DJ’s émergents de se faire une renommée mondiale. Une initiative assez rare pour être soulignée et qui a été récompensée en 2009 par la remise du « Best female award » à Annie lors des Drum and Bass Awards de 2009. Chapeau bas l’artiste.
La même année, Annie Mac a sorti son tout premier disque, une compilation des titres qu’elle a découverts (et adorés) intitulée Annie Mac Presents… suivie par trois autres épisodes, Annie Mac Presents 2010, Annie Mac Presents 2011 et Annie Mac Presents 2012. Au programme, des morceaux comme « Animal » de Miike Snow, « Mary Jane » de Major Lazer, « Hurricane » de Ms Mr et « Gas Pedal » de Riton. Vous avez dit précurseur ? Il est donc inutile de dire que l’on attend avec impatience la compil’ de 2013.
Et parce qu’il est difficile de faire découvrir des DJ’s à la pelle sans se retrouver soi même derrière les platines, Annie Mac passe occasionnellement des disques dans les clubs prisés que sont la Fabric, à Londres, le Moles Club, à Bath ou encore Le Digital, à Brighton.

**Girls Girls Girls***
Girls Girls Girls, voilà un nom de groupe qui sonne comme une révolution. Crew parisien, les GGG ambiancent les clubs branchés de la capitale. Amoureuses de la musique et du monde de la nuit, ces drôles de dames sont réputées pour enflammer les dancefloors et organiser des soirées inoubliables.
Tout a commencé fin 2011, dans un bar à saké quand Betty Loop, Laura Leishman et Louise Ch-Ch-Chen décident de créer une sorte de girls band nocturne. Depuis, elles ont été rejointes par Piu Piu, Yung Furby, Molly Hawkins, Salomé, Moon Kyu, leur directrice artistique et Xavier Reim, leur réalisateur.
Résidentes au Social Club, nos Girls y passent régulièrement des disques jusqu’au petit matin. Au programme, house, r’n’B, pop, ragga… et rap, bien évidemment, le genre qu’elles affectionnent le plus. Leur nom fait d’ailleurs référence à la chanson “Girls Girls Girls” de Jay-Z.
Mais attention, ce n’est pas parce que les filles nous hypnotisent avec leur bon son derrière leur platine (et leurs looks canon, il faut l’avouer) qu’il faut se contenter de les regarder mixer ! Si les Girls Girls Girls sont dans la place, alors il faut bouger son booty ! On chaloupe, et on chaloupe… Pour la bande, la danse est effectivement aussi importante que la musique.
Quand elles ne sont pas dans leur QG parisien à mixer, les filles organisent régulièrement des soirées Girls Girls Girls en France ou dans des grands clubs européens comme à Londres, aux côtés de Kelela, Venus X et Crackstevens ou encore à Berlin, pour la Summer Party de Soto. Et toujours, elles prennent le soin d’inviter la crème de la crème à leurs côtés pour des DJ set animés comme Ikonika, Kito, Nina Las Vegas, Zora Jones, Louisahhh!!!, Brooke Candy ou encore, plus récemment, Mykki Blanco, tête d’affiche de leur soirée du 26 juillet au Social. Un crew à suivre de très près

**Louisahhh!!!***
Cet été, il n’est pas impossible que vous transpiriez sur le tube de Brodinski, « Let The Beat Control Your Body ». Une rythmique entêtante, un refrain addictif et une voix chaude, celle de Louisahhh!!!, la dernière signature du label Bromance. Seule fille de l’écurie électro fondée par Louis Brodinski et Manu Barron, Louisahhh!!! est à la fois chanteuse, DJ et productrice. Avec ses grands yeux bleus et ses cheveux courts, la belle ne passe pas inaperçue dans les nuits électriques parisiennes. Mais qui se cache derrière cette frimousse angélique ?
Fille d’un compositeur, l’Américaine Louisa Pillot, dite Louisahhh!!! (un nom choisi comme « un grand cri de plaisir ») maitrise depuis toute petite le piano et la guitare. A 17 ans, elle se découvre une passion pour l’activité de DJ et s’infiltre -à l’aide de fausses cartes d’identité- dans le monde de la nuit new-yorkaise avant de commencer à passer des disques dans des soirées underground. En 2006, la belle déménage à Los Angeles et devient productrice du duo NYCPARTYINFO avec son acolyte Steven Bloodbat, tout en continuant parallèlement son activité de DJ.
Quelques années plus tard, c’est la rencontre-coup de foudre avec Brodinski, l’amitié est immédiate et le jeune producteur lui propose de poser sa voix sur les tubes « Let the Beat Control Your Body » and « Nobody Rules the Streets ». Le succès est au rendez-vous, il n’en fallait pas plus à Louisahhh!!! pour voler de ses propres ailes et sortir son premier EP, Transcend, sur le label Bromance.
Comportant deux titres uniquement, « Tap My Wire » et « In My Veins », Transcend est sorti au printemps 2013. Résultat, de la techno sombre et froide, une voix suave et des paroles chuchotées. Louisahhh !!! ou la reine de la deep-house percutante et voluptueuse. La Californienne travaille actuellement sur un maxi, qui, elle l’espère, sera prêt d’ici l’automne.

**Maya Jane Coles**
A 25 ans, la Britannique Maya Jane Coles vient tout juste de sortir son premier album, Comfort. 13 titres explosifs dans les bacs depuis le 28 juin en Angleterre, et qui traverseront la Manche pour une sortie française à la rentrée.
En à peine quatre ans de carrière, la jeune DJ est parvenue à imposer son style et sa personnalité dans le monde de l’électro. La Londonienne se fait d’abord remarquer aux côtés de Lena Cullen au sein du groupe She Is Danger. Les filles signent de très jolis remixes qui enflamment les dancefloors, comme celui de « Who’s that girl » d’Eurythmics ou de « Girl I love you » de Massive Attack.
En 2010, la belle d’origine Japonaise se lance dans un projet solo et sort son premier maxi de Deep House, What They Say, sur le label Real Tone. Un succès immédiat, le morceau « What They Say » figurant même parmi les titres les plus référencés de l’année par les DJ’s du monde entier ! En 2011, sa renommée grandissante la projette sous le feu des projecteurs et lui permet de poser en couverture de nombreux magazines spécialisés dont Mixmag pour son spécial « The new queens of underground ».
Printemps 2012, Maya est appelée à mixer pour la collection DJ-Kicks, qui offre la possibilité à des artistes pas -ou encore peu- connus de s’essayer aux compilations mixées. Résultat, le volume qu’elle réalise est une véritable tuerie. La même année, Maya se voit classer 14ème du classement des 25 DJ les plus influents de la planète par le magazine Rolling Stone ! Une consécration qu’elle doit à sa musique puissante, entre dub, house, électro, trip hop et aux voix chaudes et sensuelles auxquelles elle fait appel pour ses morceaux. “Je préfère travailler avec des chanteurs, par contre, en ce qui concerne la production, j’aime tout faire moi-même. » reconnait Maya, qui travaille également dans une veine plus dubstep sous son alias Nocturnal Sunshine.
Une des raisons qui la pousseront ainsi à devenir productrice et à créer son propre label en 2013, I Am Me. Label sur lequel elle a donc sorti son premier album, Comfort, mélange de techno sombre et de beats sensuels. Et bonne surprise, sur ce LP, la Britannique collabore avec d’autres reines de l’électro comme la Grenobloise Miss Kittin et la Suédoise Karin Park.

**Nina Kraviz**
Il y a quelques semaines, la DJ et productrice russe Nina Kraviz nous gratifiait de son tout dernier clip, « Fire ». Dans la chaleur du désert, elle n’hésite pas à s’afficher nue, tour à tour assise ou allongée à même le sol brulant… Une attitude jugée aguichante pour certains, venant gonfler la polémique du « Bubblegate ». En effet, Nina avait déjà fait parler d’elle suite à une vidéo où elle répondait à une interview dans un bain et où elle se lavait « sensuellement » avec de la mousse.
Provocation, stratégie marketing, pur esthétisme ? Une chose est sûre, la belle n’a pas fini de souffrir des discriminations et des remarques désobligeantes d’un milieu essentiellement masculin. Ou comment être jolie dans le monde de l’électro ne s’avère pas forcément être un avantage…
Pourtant, Nina Kraviz est une self made woman, qui s’est rapidement fait une place au soleil et ce, grâce à son unique talent. Originaire de Sibérie, elle s’est très rapidement distinguée sur la scène techno européenne. Résidente au Propaganda, club notoire à Moscou, sa technique et son univers décalé ont très vite séduit le public russe. Puis la belle a entamé une tournée mondiale et produit de nombreux EPs ainsi qu’un album Nina Kraviz, sorti en 2012 chez Rekids.
Morceaux sombres, beats hip-hop, pulsations techno suaves, l’album s’achève comme un rêve avec la voix tantôt jazzy, tantôt pop de Nina, pas toujours très assurée mais toujours très suave. Comme un vent chaud venu du froid…
La productrice russe par ailleurs a participé à l’émission Between The Beats, produite par le site Resident Advisor. Suivie par plusieurs caméras lors d’une tournée européenne de 15 jours, elle nous fait découvrir son quotidien dans un hôtel en Bulgarie, un aéroport en Belgique, les loges du Pukkelpop festival à Die Rakete etc. Entre vie privée et DJ-sets, Nina nous dresse le portrait de ce qu’elle considère comme le « meilleur job au monde », notamment grâce aux bains moussants. Et ce n’est pas ses collègues DJ’s présentées dans cette saga estivale qui diront le contraire !
 

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