Recherche

La révolution est en Mars

Version texteEnvoi par courriel.

Arrivé voici bientôt un an, le 6 août 2012, Curiosity a rempli avec brio l’objectif principal de sa mission. En effet, le plus grand rover jamais envoyé sur Mars (avec presque 900 kg sur la balance) devait déterminer si la planète rouge avait autrefois présenté des conditions favorables à l’émergence du vivant. La réponse, positive, a été fournie grâce à la découverte d’un ancien lit de rivière asséché et, surtout, suite à l’analyse par les laboratoires de Curiosity d’un échantillon prélevé à l'intérieur d’une roche affleurante avec la perceuse placée au bout de son bras robotique.

Même si la mission de ce rover n’est pas terminée, la NASA pense déjà à l’avenir. Mars ayant été potentiellement habitable, l’étape suivante est la recherche de traces de vie passée. Or, c’est une tâche que Curiosity ne peut pas accomplir puisqu’il n’est pas équipé, notamment, de capacités d’investigations microscopiques. La vidéo du Jet Propulsion Laboratory de la NASA ci-dessous résume avec des interviews les objectifs de cette mission Mars 2020 dont le lancement interviendrait en juillet-août 2020.

Jack Mustard, de l’Université de Brown et qui dirigeait l’équipe de 19 scientifiques et ingénieurs chargés de définir les objectifs du rover qui sera envoyé en 2020, souligne que si le but reste «la difficile tâche de chercher des signes de vie», il prévient que «le concept de la mission Mars 2020 ne présuppose pas que la vie a existé sur Mars». Une nuance et une précaution plus importantes qu’en apparence, car il s’agit d’éviter de trop lier la réussite de cette mission au fait de trouver ce qu’on appelle des «biosignatures». Peut-être faut-il y voir la leçon apprise avec les sondes Viking 1 et 2 en 1976 : posées avec succès sur Mars, le résultat négatif (et contesté par certains scientifiques) de leurs expériences de détection du vivant laissa une impression d’acte manqué.
Rien de tel donc pour le projet Mars 2020 qui s’annonce clairement sans préjugé sur ce sujet sensible. De plus, le comité de 19 scientifiques et ingénieurs a prévu que le rover devra récolter des échantillons et les conserver afin de les transporter vers un futur engin qui serait chargé de les ramener sur Terre. Au conditionnel, car une telle mission de retour de prélèvements martiens n’est pas encore officiellement planifiée.

Confrontée à des contraintes budgétaires sévères, la NASA entend réutiliser l’architecture générale de Curiosity ainsi que son spectaculaire système d’atterrissage basé sur une grue volante. En gros, on reprend une équipe qui gagne tout en faisant des économies substantielles puisque tout le travail de mise au point a été fait et financé !
Reste toutefois à déterminer le lieu d’atterrissage du rover qui fera, à n’en pas douter, débat. Et ce n’est pas tout, l’agence américaine a annoncé que, comme pour Curiosity, elle «conduira une compétition ouverte pour la charge utile et les instruments scientifiques». Les institutions, laboratoire et universités du monde entier sont donc invités à proposer ce qu’ils ont de mieux s’ils veulent aller sur Mars. C’est par un processus similaire que des laboratoires français, soutenus par l’agence spatiale française CNES, avaient été retenus pour Curiosity (laboratoire SAM et caméra-laser ChemCam, cette dernière ayant été fabriquée à Toulouse).
 

Médias Sociaux et Flux RSS

Twitter icon
Google+ icon
YouTube icon
RSS icon