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Logiciel dans l'enseignement: Liberté, égalité, fraternité

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Pour la première fois en France, la priorité vient d'être donnée au logiciel libre dans une branche du service public, n'en déplaise au puissant lobby des éditeurs de logiciels, dernièrement soutenu par l'Inria, l'organisme public de recherche dédié aux sciences et technologies. Remis en question il y a un peu plus d'un mois, le projet de loi visant à donner la priorité aux logiciels libres au sein des établissements de l'enseignement supérieur et de la recherche a bien été adopté pas les députés hier, mardi 9 juillet, en seconde lecture. Ainsi, l'Article L. 123-4-1 de la loi Fioraso (ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche) indique que "le service public de l'enseignement supérieur met à disposition de ses usagers des services et des ressources pédagogiques numériques. Les logiciels libres sont utilisés en priorité".

L'April, une organisation de promotion et de défense du logiciel libre, se réjouit de cette décision, et espère que d'autres branches du service public seront amenées à revoir leur parc informatique en faveur de ces logiciels accessibles à tous, non soumis à une licence, donc gratuits.

Pourquoi logiciel libre ?
 
Au commencement de l'ère informatique, dans les années 60, un ordinateur était toujours livré avec le schéma de fonctionnement, tant matériel que logiciel. A cause des coûts élevés de l'ordinateur et des logiciels de base inclus avec ceux-ci, ces énormes machines étaient améliorées par leurs utilisateurs (des grandes entreprises). À l'époque, personne n'aurait eu l'idée d'être dépendant d'une autre entreprise pour la maintenance, autant matérielle que logicielle, des ordinateurs. Depuis, l'informatique a bien évolué et est utilisée par de nombreuses personnes. Les machines sont devenues plus petites et le matériel est désormais construit en chaîne (ce qui réduit les coûts de fabrication) ; l'ordinateur a trouvé sa place à la maison.

Contrairement aux grandes entreprises, les utilisateurs à la maison ne peuvent se permettre d'engager un programmeur pour améliorer les logiciels utilisés. La formule logicielle a changé avec l'arrivée de l'ordinateur personnel ; des entreprises spécialisées dans le développement de programmes informatiques vendent des produits aux utilisateurs à la maison, de même que le support technique les accompagnant. Ceci a entraîné toute l'industrie du logiciel à garder ses secrets de fabrication, en produisant du code dit propriétaire. Dans un logiciel privateur (un logiciel qui utilise du code propriétaire), vous n'avez pas le droit de savoir « ce qui se cache sous le capot » : il vous est interdit de l'utiliser pour une autre fonction que celle à laquelle il est destiné, de voir comment il est écrit, et par conséquent, ce qu'il fait réellement, et encore moins d'en modifier son comportement. Vous n'avez pas non plus le droit de le diffuser.

À l'inverse du logiciel privateur, un courant, s'inspirant de ce qui existait dans les années 60 et assez proche des notions de partage présent dans la recherche et les universités, prône une forme d'utilisation moins contraignante des logiciels. Un logiciel est considéré comme libre quand il garantit à ses utilisateurs quatre libertés fondamentales :

    la liberté d'exécuter le programme, pour tous les usages (liberté 0) ;
    la liberté d'étudier le fonctionnement du programme, et de l'adapter à ses besoins (liberté 1) ;
    la liberté de redistribuer des copies, donc d'aider son voisin (liberté 2) ;
    la liberté d'améliorer le programme et de publier ses améliorations, pour en faire profiter toute la communauté (liberté 3).

Le respect des libertés 1 et 3 nécessite, de la part de l'auteur, la mise à la disposition de quiconque du code du programme, et ceci sans aucune restriction.

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