Google reconnaît collaborer avec la NSA

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Vinton Cerf

Google a sorti le grand jeu. Ce lundi, Vinton Cerf, vice-président de Google connu pour être l'un des pères de l'Internet, est venu en personne rencontrer Michel Cosnard, PDG de l'Institut national de recherche en informatique (Inria), afin de renforcer leur partenariat. Google et l'Inria coopèrent depuis quatre ans. À travers cette coopération, «le travail d'une dizaine de chercheurs peut être financé», indique Michel Benard, responsable des relations de Google avec les universités en Europe. Ce partenariat est financé par Google au moyen de dons directs ou du financement d'étudiants pendant leur doctorat. L'originalité de la coopération est «de favoriser des recherches fondamentales, complexes, pour le long terme avec une importante prise de risque. Nous encourageons la publication des résultats scientifiques et la mise à disposition des logiciels en mode open source (libre de copie et de droit)», précise Michel Benard. Chacun y gagne. Francis Bach, chercheur du projet Sierra commun au CNRS et à l'Inria, consacré à gérer de grandes bases de données, précise qu'avec l'alliance avec Google, il peut accéder à des bases de données d'une taille phénoménale et qu'inversement, Google accède «aux résultats de recherche,  avant la publication scientifique des travaux, car le temps académique et le temps de l'industrie sont différents».

C'est un peu la face souriante de Google. Celle d'un groupe qui favorise le développement de la connaissance et le partage d'informations. «Des cours de l'université Stanford sont maintenant suivis par 160.000 personnes dans le monde, contre 500 auparavant», précise Vinton Cerf, également évangéliste en chef de l'Internet pour Google. Mais sur le côté sombre du groupe, le respect de la vie privée des internautes, Google est resté très discret. «Google a lancé un appel d'offres, l'Inria a répondu. Les résultats ne sont pas encore connus», précise Michel Benard, qui ne commente pas les mises en demeure de Google en Europe. Toutefois, les informations confiées par les internautes, utilisateurs des services du géant de l'Internet, posent des difficultés au groupe des Cnils en Europe, depuis l'entrée en vigueur d'une nouvelle politique de confidentialité le 1er mars 2012. L'Espagne envisage des sanctions financières. Et la France a mis en demeure Google de répondre dans les trois mois.

Par ailleurs, à propos du programme d'espionnage des utilisateurs de services Internet, à la demande du gouvernement américain, à travers le programme «Prism» de la National Security Agency, Vinton Cerf, rappelle les déclarations du groupe américain. «Nous coopérons avec le gouvernement américain et avec ceux d'autres pays sur les questions de sécurité nationale. Nous avons demandé au gouvernement des États-Unis l'autorisation de communiquer la nature des informations qui nous ont été demandées.Les informations que nous collectons pour proposer des publicités ciblées sont récupérées pour notre seul usage. Mais que répondre à un gouvernement qui estime que son travail est de protéger les citoyens? Pour ma part, je souhaite être protégé.». La réponse est claire.
 

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