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Des pizzas 3D pour la NASA

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Pizza Attack

La Nasa a donné 125.000 dollars à une entreprise américaine pour que celle-ci développe une imprimante 3D capable de cuisiner des pizzas. Pourquoi ? Pour offrir une nourriture de meilleure qualité aux astronautes engagés dans des voyages spatiaux au long cours. Le créateur, Anjan Contractor, voit même encore plus loin. Qui veut voyager loin ménage sa nourriture. À l’heure où des projets de voyage vers Mars commencent à être lancés, il faut penser à nourrir ces hommes et ces femmes qui partiront à la conquête de la Planète rouge, pour un voyage long de plusieurs années. Sous quelle forme amener les repas ? Boîtes de conserve en pagaille ? Nourriture lyophilisée ? La Nasa semble se tourner vers une autre possibilité : l’imprimante 3D. Elle a octroyé 125.000 dollars (96.000 euros) à une société américaine pour que celle-ci développe un prototype capable de cuisiner des pizzas. Cette démarche arrive juste quelque temps après que son équivalent européen, l'Esa, ait décidé de tester l'idée de construire un abri lunaire toujours grâce à l'impression 3D.

Anjan Contractor est ingénieur et fondateur de l’entreprise Systems and Materials Research Corporation, basée à Austin, au Texas. L’homme a plusieurs cordes à son arc et s’est dernièrement spécialisé dans l’impression 3D, à partir de laquelle on peut façonner des objets concrets et même, dans des conceptions nouvelles, des prothèses médicales ou du tissu vivant.

Mais l’ingénieur a réfléchi à une autre utilisation : la cuisine. En novembre dernier, il postait une vidéo (voir ci-dessous) dans laquelle il testait son prototype. Cette imprimante 3D dépose précisément une couche de chocolat, parfaitement comestible, sur un biscuit. Une idée qui a séduit la Nasa. L’agence spatiale américaine a même versé une coquette somme à la compagnie texane dans un plan de soutien aux petites entreprises à la pointe de l’innovation technique. En échange, la Nasa espère voir une imprimante capable de proposer des spécialités italiennes, dans le but de les utiliser pour ses astronautes.

En réalité, l’ambition de la Nasa est plus vaste, mais elle commence petit pour tester la viabilité du concept. Mais pourquoi des pizzas ? Parce que c’est un aliment sur lequel on peut empiler les couches. L’idée est la suivante. À la place de l’encre ou du plastique conventionnellement trouvés dans les imprimantes 3D, le créateur envisage de les remplir de différents éléments nutritifs sous forme de poudres, composées principalement de glucides et de protéines.

L’imprimante 3D disposerait alors une première couche pour former la pâte, directement sur une plaque chauffante permettant la cuisson simultanée. Ensuite, une autre cartouche permettrait, avec l’ajout des quantités d’eau et d’huile nécessaires, de placer la sauce tomate. Enfin, le tout serait agrémenté de protéines animales et végétales afin de fournir des nutriments essentiels.

Selon Anjan Contractor, maintenues sous ces formes, les denrées contenues dans des cartouches resteraient comestibles une trentaine d’années, soit bien plus que la durée nécessaire pour un aller-retour entre la Terre et Mars. Mais le prototype n’est encore qu’en phase conceptuelle, et la première pizza ne sera pas mangée demain.

L’ingénieur texan, lui, se montre encore plus ambitieux que l’agence spatiale américaine. Son désir, qu’il a confié au site Internet Quartz, est d’équiper toutes les maisons du futur d’imprimantes cuisinières. Selon lui, cela éviterait le gaspillage alimentaire, étant donné la durée de vie des cartouches. Lorsque l’une d’elles serait vide, il suffirait d’aller en acheter une autre chez l’épicier du coin.

Il espère également pouvoir créer un programme capable de générer des menus très différents, et adaptés à chacun. Hommes, femmes, malades, soldats en mission ou encore personnes au régime ont des besoins alimentaires qui peuvent différer. En dosant les mélanges, l’imprimante est censée fournir ce qu’il faut à chacun. La solution contre l’obésité grandissante ?

Enfin, et c’est peut-être là le plus utopique, Anjan Contractor y voit l’une des solutions possibles au problème de la faim dans le monde. La population humaine ne cessant de croître, il affirme se rallier à l’avis de nombreux économistes qui considèrent qu’on ne produira jamais assez de nourriture pour les 12 milliards d’êtres humains qui peupleront la planète dans les prochaines décennies. Et que son imprimante, permettant de délivrer la nourriture nécessaire, éviterait le gaspillage et permettrait d’allouer au mieux les ressources alimentaires. Un beau projet, mais qui relève encore de la science-fiction.
 

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