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Un clavier "KALQ" pour écrans tactiles

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Clavier KALQ

Ecrire un texte sur un smartphone ou sur une tablette tactile actuelle nécessite plus de temps que nécessaire, car la configuration des touches sur ces appareils est scrupuleusement la même que sur une machine à écrire. Cette disposition, principalement de type AZERTY ou QWERTY suivant les zones géographiques, se révèle ergonomique pour un clavier d'ordinateur où la saisie se fait potentiellement avec les dix doigts, mais n'est pas adaptée à la saisie avec les pouces. Sur un écran tactile à disposition QWERTY l'utilisateur n'entrera en moyenne que 20 mots à la minute, ce qui est nettement inférieur à une saisie sur clavier physique.

Des chercheurs de l'Institut Max Planck pour l'informatique de Sarrebruck (Allemagne) proposent, en collaboration avec l'université St. Andrews (Ecosse) et l'université Montana Tech (Etats-Unis), une disposition améliorée des touches de clavier, et ce grâce à une modélisation des mouvements des pouces liée à algorithme d'optimisation de l'ordinateur.

Il a été rapidement compris que des changements mineurs de disposition n'apportaient pas d'amélioration significative. Un premier clavier a été développé en anglais, pour lequel des mots très couramment utilisés tels que "on, see, you, read" devaient être saisis avec un seul pouce. "La clé d'un clavier optimisé pour la saisie au pouce est d'éviter les entrées prolongées avec un seul pouce, aussi nous souhaitons que les lettres fréquemment utilisées soient centrales et rapprochées", explique Antti Oulasvirta, de l'Institut Max Planck pour l'informatique.

Cette optimisation avait deux objectifs: minimiser le temps de déplacement des pouces et, dans la mesure du possible, utiliser les deux côtés du clavier en alternance. Le résultat de ces calculs est inattendu: avec cette nouvelle disposition "KALQ", toutes les voyelles sauf le Y se retrouvent dans la zone droite tandis que le pouce gauche doit gérer un nombre plus important de lettres. Pour utiliser au mieux cette nouvelle disposition de clavier, les utilisateurs ont été formés à mouvoir leurs pouces simultanément comme des dactylographes expérimentés.

Les auteurs ont par ailleurs développé une fonction de correction d'erreurs basée sur la théorie des probabilités, qui prend en compte à la fois les mouvements du pouce et les connaissances statistiques sur les textes précédemment entrés. Le système complet permet une saisie plus rapide de 34% après entraînement.

Ce travail sera présenté le 1er mai 2013 à Paris lors de CHI 2013, une conférence sur les facteurs humains dans les systèmes informatiques. Début mai, l'application KALQ sera disponible gratuitement pour les smartphones Android.

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